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La vie parfaite de Silvia Avallone

La vie parfaite 2Adèle monte dans le bus 22 qui relie la cité des « Lombriconi » au centre de Bologne.
Elle vit dans cette cité sale et délabrée, désertée par les hommes, où les jeunes, désoeuvrés, s’adonnent à la drogue et l’alcool et où les femmes tentent de survivre.
Elle vient d’avoir 18 ans et part accoucher seule. Adèle ne souhaite pas que sa fille mène la même existence qu’elle et devienne une perdante prisonnière de ce quartier. Elle envisage de la confier à l’adoption parce qu’elle désire une vie meilleure pour elle : « une vie parfaite ».
Dora, 30 ans, est mariée à Fabio. Elle vit du bon côté de Bologne en plein centre ville, quartier où tout est propre et luxueux, et où les gens sont élégants. Elle a tout réussi dans sa vie, sauf être maman. Après des années de FIV ratées, son désir de maternité se transforme en obsession et mine son mariage.
Malgré son existence aisée, Dora partage avec Adèle ce même sentiment de peur et de confusion.
Pour l’une, la douleur de devoir donner la vie à celle qu’elle ne verra pas grandir. Pour l’autre, la souffrance de se sentir diminuée sans enfant.
Silvia Avallone choisit de nous faire vivre alternativement aux côtés de ces deux femmes en plein questionnement sur leur maternité mais depuis des angles différents.
Ce roman est porteur d’un message sociologique et politique et brosse le portrait d’une Italie populaire à la dérive : « Une vie imparfaite ».

Un livre coup de poing. Inoubliable.

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D’acier, de Sylvia Avallone

E viva Italia !
Anna et Francesca sont belles et sexy. Elles ont presque quatorze ans, vivent une amitié fusionnelle et brandissent l’étendard de leur jeunesse comme un pied de nez au monde qui les entoure. Faut dire qu’il n’est guère folichon, ce monde !
On est en Toscane dans les années 2000. A Piombino, petite ville sidérurgique sinistrée depuis la fermeture des aciéries Lucchini. Les hommes, désoeuvrés, s’abîment dans l’alcool, la télé, la cocaïne, ou trempent dans des petites combines. Les femmes, lasses, subissent, se tuent à la tâche, comme la mère de Francesca, ou bien se battent, militantes, comme celle d’Anna, et ne subissent pas moins.
C’est dans cette ambiance de cité ankylosée que l’on va suivre les deux adolescentes, le temps d’un été caniculaire.
Face à ce monde d’adultes cabossés, derniers tenants d’une classe ouvrière sclérosée par des années d’un ultralibéralisme forcené à la mode Berlusconienne, les deux jeunes filles témoignent d’une vivacité de tout les diables, s’affichent avec exubérance, se cherchent, s’égarent, s’épanouissent, comme deux fleurs magnifiques, poussées sur un tas d’immondices.

Sylvia Avallone, jeune auteure italienne de vingt cinq ans, signe ici un premier roman social et humain qui bouleverse. L’histoire de ces deux jeunes filles, portée par une écriture, aussi vivifiante que dérangeante, prend aux tripes et nous amène à cette terrible interrogation : est-ce ce monde là que nous allons laisser à nos enfants ?