Tous les articles par Sandrine

Division Avenue de Goldie Goldbloom

GODLBLOOMDivision Avenue, c’est une rue new-yorkaise où vit une importante communauté juive hassidique. Parmi elle, Surie, son mari Yidel et toute leur nombreuse descendance. Surie a 57 ans, cela a son importance dans l’histoire.
Lorsque le roman débute, elle marie l’une de ses filles. Ce mariage lui donne la nausée car livrer son enfant à un type sans importance est à ses yeux le summum du déclassement social.
Le regard des autres, le qu’en dira-t-on : voici ce que Surie craint le plus. Déjà honteuse d’avoir accouché par trois fois dans sa quarantaine – un âge canonique dans cette communauté – la fracassante nouvelle, qui tombe le jour du mariage, l’accable : Surie est enceinte de jumeaux.

Cette fois, c’en est fini du prestige familial, plus aucune famille ne voudra s’apparier à la sienne en mariant ses derniers enfants. Sa fille aînée, très religieuse, la méprisera. Ses petites-filles adorées seront dégoûtées. Son voisinage sera choqué d’apprendre que Surie est une femme lubrique qui aime encore son mari.
Seule avec son secret, sa vie est alors dominée par la solitude, l’anxiété et le déshonneur, tandis que les semaines passent…

La romancière australienne Goldie Goldbloom dresse le portrait d’une femme tiraillée entre son devoir et ses aspirations, livrée au  jugement d’une communauté religieuse qui craint le changement par-dessus tout.

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Ce matin-là de Gaëlle Josse

JOSSEClara vend des crédits à la consommation. C’est un bon petit soldat « corporate », subissant en silence un « soft harcèlement » du moment qu’il va de pair avec des éloges réguliers. Mais un jour, à l’occasion d’un recadrage hiérarchique, tout craque en elle : son corps, sa raison, sa joie, son envie de vivre. S’ensuit un long arrêt maladie lors duquel elle commence à perdre pied.
Avec une écriture sublime de délicatesse, Gaëlle Josse propose un livre intelligent sur le burn-out et la mécanique de la dépression- isolement social, dissimulation et minimisation de son état, perte de l’élan vital, manque d’énergie, incompréhension des proches – et sur la mécanique, non moins complexe, de la renaissance.

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rendez-vous des lecteurs 2021/2

voici les romans qui ont été présentés lors du rendez-vous des lecteurs de vendredi 30 avril.

3 auteurs que les participants du jury du Prix Summer connaissent bien :
Sylvain Prudhomme revient avec un recueil de nouvelles, Les orages, 13 pépites dans lesquelles vibrent toutes les qualités d’écriture qu’on avait aimé dans Par les routes.
Tiffany Tavernier avait raflé le Prix Summer en 2019 pour Roissy. Avec L’ami, elle déploie à nouveau une histoire originale, prétexte pour elle d’explorer la question de l’attachement et de l’amitié.
Autant salué par la critique que par les lecteurs l’œuvre de Jean-Baptiste Andréa s’installe tranquillement mais durablement dans le paysage littéraire en seulement 3 romans. Des diables et des saints a raflé le Grand Prix RTL-Lire cette année.

Une fois n’est pas coutume nous quittons la littérature pour explorer le journal de voyage de Nick Hunt, marcheur à la rencontre des vents d’Europe. Où vont les vents sauvages ? : un sujet original et passionnant au croisement de la géographie, de la science et de la culture.

Un bref instant de splendeur de Ocean Vuong, c’est le livre numéro 1 aux Etats-Unis l’année dernière. Ce premier roman d’un jeune poète américain d’origine vietnamienne frappe par son écriture très crue et sa volonté de dire tout, y compris le désastre, tout en restant un récit initiatique lumineux.

Autre roman lumineux sur un sujet plutôt sombre : Ce matin-là raconte la dépression d’une jeune employée de banque subissant un management déshumanisé et absurde. L’écriture sensible de Gaëlle Josse convient à merveille pour raconter ces états d’âme où on sombre sans que rien ni personne n’y puisse rien.

Le doigt est un roman intelligent sur la violence et l’insécurité : qui suscite la violence, celui qui la provoque ou celui qui y succombe ? Dalie Farah décortique les réactions de la société face à une enseignante qui refuse la peur.

Suri est mère et grand-mère de nombreux enfants. Au début du livre, elle apprend qu’elle est enceinte. Comment va réagir sa famille, son mari, et la communauté de juifs hassidiques de la Division Avenue ? Une lecture addictive, pour tous ceux qui aiment les histoires de famille. Par Goldie Goldbloom.

Bonnes lectures !

L’ami arménien de Andreï Makine

makineIl y a du Grand Meaulnes dans cette histoire d’amitié entre un enfant timoré et un ado mystérieux !

Le petit russe a 13 ans lorsqu’il rencontre Vardan, un jeune arménien vivant avec sa communauté dans le quartier du « bout du monde ». C’est là que sont reléguées (parquées même) toutes les nationalités d’exilés qui terminent leur course au fin fond de la Sibérie. Etre admis parmi les arméniens est une aventure qu’il vit avec intensité. Lui qui est orphelin et n’a aucune attache, il découvre toute la chaleur des mères, la douceur d’un foyer.  Il est aussi marqué par le fort sentiment patriotique de ces hommes fiers qui chérissent leurs racines.

Mais ces arméniens sont étroitement surveillés par le Kremlin, ainsi que tous ceux qui les approchent…

Ces évènements sont racontés avec la distance du temps qui a passé, alors que les personnages ont disparu, certains tragiquement, et que l’intensité de ces temps aventureux a fait place à une certaine fadeur et aux émotions aseptisées pour l’enfant devenu adulte. Cela confère une nostalgie qui sied particulièrement à la belle écriture classique d’Andreï Makine.

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Un crime sans importance d’Irène Frain

FRAINIrène Frain revient sur les jours et les mois qui ont suivi le meurtre d’une femme, qui vivait seule dans un pavillon de banlieue et qui a été assassinée en plein jour dans son jardin. Cette femme, c’était sa soeur, Denise.

 
On découvre que la police n’a pas mis beaucoup de moyens dans la recherche du coupable – qui court toujours- et ne s’est pas vraiment encombrée du devoir de tenir informés les proches des circonstances du meurtre, ni du déroulement de l’enquête. D’ailleurs, les proches n’ont pas été prévenus qu’un crime « sans importance » les avait touchés. Ils l’ont appris plusieurs jours plus tard.
Irène Frain cherche ce que chacun est en droit de savoir dans ce cas : les circonstances, le coupable, le mobile. Face à une justice mutique et une enquête bâclée, elle tente elle-même de trouver des réponses en interrogeant les voisins, les journalistes du coin : les volets étaient-ils ouverts ou fermés, a-t-on fouillé le petit bois attenant, quel temps faisait-il ce jour-là, qui a découvert le corps ?

 
Ce récit, pudique et édifiant n’est pas qu’une charge contre la police et la justice. C’est aussi l’hommage empathique d’une soeur à une autre qui lui avait fait découvrir le goût et l’importance de la littérature.

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Direction Fiction, le rendez-vous des lecteurs 2021#1

le rendez-vous des lecteurs de la Médiathèque de Décines, Direction FictionVoici la liste des titres présentés samedi dernier :

Ma vie de cafard est un nouveau bijou de la géniale et prolifique Joyce Carol Oates. L’Amérique violente et raciste est la toile de fond de l’histoire du cafard en question : Violet, 12 ans, qui a balancé le crime de ses grands frères.
Ce genre de petites choses de l’irlandaise Claire Keegan, revient sur les errements du Couvent de la Madeleine, institution de blanchisseries qui étaient en fait de véritables asiles par lesquels sont passées des dizaines de milliers de femmes « dévoyées » réduites en esclavage.
L’écriture énergique de Katherine Pancol convient à merveille pour relater ses années de jeunesse en compagnie d’une pétroleuse nommée Eugene.
Yasmina Reza construit une immense œuvre, acclamée dans le monde entier, tant pour ses pièces de théâtre que pour ses romans. Serge est une chronique familiale hyper féroce et donc, forcément drôle.
Irène Frain publie un récit tout en pudeur et en douleur sur les jours et les mois qui ont suivi le meurtre de sa sœur, l’enquête bâclée et la catastrophique gestion par la justice d’Un crime sans importance.
L’ami arménien est un récit (autobiographique ?) d’Andrei Makine dans lequel on retrouve la belle écriture classique de l’un de nos écrivains français qui excelle le plus dans le registre de la nostalgie.
Ecrivain de la nature sauvage du Montana, Rick Bass renoue avec la nouvelle et publie La rivière en hiver, une odyssée dans un décor tantôt lugubre et dangereux, tantôt fascinant et réconfortant.

La vie joue avec moi de David Grossman

GROSSMANSouvenez-vous : David Grossman nous avait émus en 2008 avec l’histoire de cette mère dont le fils s’était porté volontaire pour partir combattre alors que son service militaire s’achevait. Elle avait décidé de fuir à pied et sans téléphone pour ne pas apprendre la terrible nouvelle, avec le père de ce fils qui n’était alors plus son mari. Une femme fuyant l’annonce avait reçu le Prix Médicis étranger.

Aujourd’hui, il revient avec une autre histoire forte. Cette fois, les femmes ne fuient pas la vérité, mais au contraire, la recherchent. Véra, Nina, Giuli : 3 femmes de la même lignée, brisées par un secret aussi lourd qu’incompréhensible. A l’occasion des 90 ans de Véra, la grand-mère, Nina sa fille et Giuli, sa petite-fille, font le voyage vers sa Croatie natale pour y révéler les traumatismes d’un destin hors du commun.  En compagnie de Raphaël, le gendre tendre et bienveillant.  La vie joue avec moi rappelle que la vérité est parfois « une zone incandescente, un foyer de métastases ».

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