L’apiculteur d’Alep, de Christy Lefteri

L-Apiculteur-d-AlepCes deux moitiés de grenade, ce beau fruit rouge ouvert que l’on voit sur la couverture du roman,  que veulent-ils nous dire ? Peut-être représentent t-ils ces existences scindées, coupées en deux, à l’image de  celles de Nuri et Afra, ce couple de jeunes syriens condamnés à quitter la Syrie, après la mort de leur fils unique, tué lors d’un bombardement.

Nuri, apiculteur,  Afra, artiste peintre et leur petit Sami, heureux  dans leur vie à Alep sont soudain plongés bien malgré eux dans le chaos de la guerre civile. Quand une déflagration dans leur jardin leur vole la vie de leur enfant, Afra perd la vue et s’enferme dans son immense douleur. Nuri devra la convaincre de partir, il veut rejoindre son cousin à Londres, fuir la barbarie, et tâcher de se reconstruire, d’élever un nouveau rucher peut-être. Il paraît qu’à Londres aussi il y a des abeilles, différentes des abeilles syriennes, mais tout aussi aptes à vous offrir leur miel…

Christy Lefteri, parmi tous les réfugiés qu’elle a côtoyés, lors d’une mission humanitaire dans un camp de réfugiés à Athènes, choisit de nous faire vivre au plus près de ce couple en exil. Elle nous conte les vicissitudes du départ, les espoirs déçus, la cupidité des passeurs, la violence des camps, l’entraide et la solidarité aussi.

Alternant le récit de la vie heureuse à Alep avec les étapes de l’exode, ce long périple incertain semé d’embuches, de violence, de terreur, mais aussi riche d’amour, d’amitié et de fraternité, elle compose un magnifique roman sur la résilience.

Comme  Louis-Philippe Dalembert dans « Mur Méditerranée« , ou encore Fabien Toulmé dans son beau roman graphique « L’Odyssée d’Hakim« , Christy Lefteri apporte au lecteur un éclairage plein d’humanité sur ces personnes qui ont tout quitté, non pas par choix, mais pour tout simplement essayer de rester en vie et de se reconstruire ailleurs.  Ces regards étrangers que l’on croise parfois au détour d’une rue ou au feu rouge, que l’on nomme sans papiers, migrants, réfugiés ou demandeurs d’asile, et nous rappelle juste qu’ils sont avant tout des êtres humains en détresse à la recherche d’une vie plus digne.

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