L’abattoir de verre de John Maxwell Coetzee

COETZEESept fragments épars, écrits sur une quinzaine d’années, constituent ce roman. Sept tableaux indépendants, mais qui, accolés, forment subitement le portrait d’un personnage cher à l’auteur : l’écrivain Elizabeth Costello. L’alter égo féminin de Cotzee a fait l’objet d’un roman en 2003, l’année même où l’écrivain sud-africain recevait le Prix Nobel de littérature. Elizabeth y affrontait déjà les affres du vieillissement et se désespérait du pouvoir dérisoire de l’écriture face au néant.

Ici on la retrouve dans tous les âges de sa vie en prise avec des questions morales qui traversent les derniers livres de l’auteur : adultère, souffrance animale, culpabilité et liberté dans les relations familiales… Coetzee l’ausculte de manière précise et froide, on pourrait dire cruelle, si on ignorait qu’il parle de lui-même. Et sous une apparente simplicité, il restitue toute la profondeur de sa pensée.

Une ou deux fois par semaine, elle se rend en ville, chez un homme, se déshabille, fait l’amour avec lui, quitte les lieux, va à l’école récupérer sa fille et celle d’une voisine. Dans la voiture, elle écoute le récit de leur journée scolaire. Ensuite, pendant que les deux filles prennent leur goûter et regardent la télévision, elle se douche, se lave les cheveux, se fait toute fraîche, toute neuve. Sans culpabilité. Fredonnant.

Empruntez L’abattoir de verre

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