Ave Maria de Sinan Antoon

Voici un livre nécessaire à la compréhension de quelques difficultés du monde.
La scène, se tient à Bagdad à l’automne 2010 ; les 2 protagonistes Youssef et Maha sont tout deux chrétiens.

Youssef héberge sa nièce Maha, et le mari de celle-ci depuis que le quartier où le couple vivait subit régulièrement des attaques à la voiture piégée.
Youssef malgré la violence du quotidien refuse de quitter l’Irak et n’a de cesse d’expliquer à sa nièce que la cohabitation entre communautés a été possible, avant. Pour Maha, l’issue, l’espoir c’est le départ. Le récit commence avec cette remarque ordinaire qu’elle lance à son oncle : « Tu vis dans le passé, mon oncle ! »

Chacun va traverser la journée qui suit en s’interrogeant sur l’Irak,  sur sa propre vie et sur ses choix. Youssef se replonge effectivement dans son passé pour comprendre la remarque de Maha et espère que le soir venu, tous deux seront réconciliés. En effet, ce dimanche 31 octobre 2010 est particulier : une messe anniversaire est célébrée pour Hinna, la soeur de Youssef, décédée 7 ans auparavant. Maha quant à elle se livre à une introspection douloureuse dont elle espère également sortir à l’occasion de la célébration.

Mais ce dimanche-là ne sera pas celui de réconciliation.

Sinan Antoon n’a pas choisi cette date au hasard…

Sinan-Antoon

On l’a compris l’histoire familiale  se fracasse dans l’histoire du pays et particulièrement dans celle des chrétiens d’Orient. Et au risque de froisser légèrement l’auteur qui affirme : »La littérature n’est pas là pour expliquer les maux d’une société. Elle n’existe que par elle-même. » ce texte littéraire-là permet de s’en approcher.

L’écriture et la construction du roman sont subtiles : Antoon choisit d’entrelacer récit à la première personne : c’est la parole de chaque personnage ; et récit à la troisième personne. Ce qui fait cohabiter avec élégance l’intime et le dehors.  Sa grande connaissance de la poésie, comme lecteur, traducteur et poète confère à ce cours roman une densité remarquable qui nous amène à envisager sa lecture obligatoire.

Empruntez Ave Maria

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