Maudit soit l’espoir de Burhan Sönmez

Ce titre en forme d’imprécation est trompeur. Une fois ce somptueux roman refermé, ce qui reste est bien l’espérance de lendemains plus clairs.

Maudit soit l'espoir

L’argument est simple et terrible : quatre hommes sont enfermés dans des geôles turques. Régulièrement l’un d’entre eux est emmené pour être torturé. Chacun est dans l’attente de la prochaine fois.

Burhan Sönmez use d’un art du récit abouti (et splendide) pour suivre ces quatre prisonniers qui racontent des histoires. Chaque chapitre est un jour et… un récit différent : il y en a dix qui s’enchaînent et se nourrissent du précédent. Les personnages quant à eux se révèlent au fil du partage de leurs petites et grandes histoires. On s’évade avec eux sur une terrasse inventée pour manger un festin tout aussi inventé, soudain, on a la faiblesse de croire qu’ils sont enfin libres… C’est faux : ils sont toujours dans une cellule d’un mètre sur deux.

La tradition orale se mêle aux références littéraires : se croisent les Mille et une nuits (bien sûr), Moby Dick, les Frères Karamazov et évidemment le Decameron.

Mais ici la ville n’est pas Florence, mais Istanbul, une Istanbul fantasmée, détestée ou adorée, à la fois fascinante et inquiétante : c’est elle le personnage principal (d’ailleurs le titre original est Istanbul Istanbul).

L’auteur vit à présent en Turquie après un exil de dix ans en Grande-Bretagne, comme il le dit humblement : »Moi je veux rester et parler »(in ledevoir.com)

Burhan Sônmez

 

 

 

 

 

La lecture de ce roman est exigeante : c’est un livre qui se mérite, mais quel bonheur de littérature ! Il faut saluer ici  (et remercier chaleureusement) le travail de la traductrice Madeleine Zicavo qui  permet d’accéder à ce beau texte. Maudit soit l’espoir a obtenu le prix de la Fondation Václav-Havel.

Empruntez Maudit soit l’espoir

Une réflexion sur “ Maudit soit l’espoir de Burhan Sönmez ”

  1. Marie-Thérèse,

    Bonjour !

    Je suis ravie que vous ayez aimé ce roman pour lequel j’ai eu un vrai coup de coeur lorsque je l’ai lu en turc et que j’en ai rédigé un rapport de lecture pour Gallimard.
    Je vous remercie d’avoir évoqué mon travail de traductrice qui m’a beaucoup tenu à coeur pendant quelques mois…
    Cordialement,
    Madeleine Zicavo

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