La douleur porte un costume de plumes de Max Porter

porterAu-delà d’un titre magnifique Max Porter nous livre ici un premier
roman qui ne l’est pas moins.
La mère vient de mourir laissant le père et les deux jeunes enfants
comme on l’imagine : interdits, défaits par le chagrin. Un coup est
frappé à la porte : le père ouvre et un corbeau entre dans la maison. Il
apporte avec lui une odeur pestilentielle, une extravagance  outrancière et, par dessus tout, sa fantaisie. Le corbeau restera dans
la maison le temps nécessaire pour traverser le deuil.
Ce personnage atypique bouscule le quotidien, dans l’histoire racontée,  et bouscule aussi l’écriture de ce récit.
Chaque personnage prend la parole à tour de rôle avec un style
particulier : Papa, Les garçons et … évidemment Corbeau qui dit à chacun ses 4 vérités : ce qui leur permet de sortir de la douleur.
Max Porter – qui est éditeur et donc grand connaisseur de la littérature britannique – situe son roman  dans une espèce d’héritage : celui de Ted Hughes.
Un mot sur Ted Hughes : cet écrivain anglais dans la foulée du décès de sa femme Sylvia Plath  publie un recueil de poèmes qu’il nomme Le corbeau et qui donne également la parole à l’oiseau avec une inventivité déconcertante.
Le père endeuillé doit publier une thèse sur… Ted Hughes, mais son travail n’avance pas. Encore une fois, c’est son drôle de visiteur qui le tirera hors de la page blanche.
Ce texte est à la fois très fascinant à lire et très déstabilisant.
Une preuve de plus de la puissance de la littérature qui par les mots
vous travaillent au corps. Une très belle découverte.

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