Jours de chance de Philippe Adam

Pauvres riches …
Fragments de récits d’une dizaine de personnages. Leur point commun ? avoir gagné une somme colossale au Loto. L’incrédulité et la joie, le lecteur les imagineront. Ici, on retrouve ces nouveaux riches comme au lendemain d’une grande ivresse. Ils prennent la mesure de leur infortune. Car ces millions s’avèrent être une malédiction.
Ainsi ce couple qui, après avoir claqué un maximum d’argent ne sais plus trop quoi posséder et finit par s’ennuyer. Car on s’ennuie pareillement dans un deux-pièces en banlieue que dans une villa monégasque avec piscine.
Et ceux-là qui offrent des voyages à leur famille et qui ne reçoivent que des cartes postales où on se plaint de la nourriture locale ou du room-service soi-disant 5 étoiles.
Sans compter les artisans qui les roulent, les collègues qui les jalousent, et l’amour qui les fuit. La solitude et la dépression ne sont pas loin.
C’est ironique, c’est féroce. Pour un peu on ressentirait de la compassion pour ces millionnaires. Mais c’est aussi subtil car Philippe Adam ne s’arrête pas à la conclusion-tarte-à-la-crème qui veut que l’argent ne fasse pas le bonheur. Il soulève plusieurs pistes de réflexions intéressantes : pouvons-nous devenir meilleur grâce à l’argent ? si l’environnement change, doit-on et peut-on changer aussi ? avons-nous vraiment envie de sortir de notre quotidien ? Le désir n’est-il pas plus moteur que la possession ?

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