La théorie de la lumière et de la matière, de Andrew Porter

Attention, chef d’oeuvre !

Derrière ce titre alambiqué se cache un petit trésor. Andrew Porter, grand nouvelliste dans la lignée de Raymond Carver et John Cheever, a reçu de nombreux prix pour ce recueil.

Voici donc dix nouvelles évoquant un moment fort d’une vie : amour de jeunesse, implosion d’une famille ou mort d’un ami. Les personnages sont à la croisée des chemins.

Peau, une nouvelle-instant d’une page, montre deux jeunes amants, rêvassant, nus. Dans un état de grande lucidité, l’homme voit le destin de son couple, et sait qu’immanquablement, quelque chose le brisera, malgré cet état de grâce actuel dont ils jouissent ensemble.

Dans la nouvelle qui donne son titre au recueil, une jeune étudiante en physique est remarquée par son prof. Ils nouent une relation privilégiée. Leurs conversations glissent vers les confidences plus intimes sans être jamais déplacées. Heather est finalement troublée par cet homme qui a le double de son âge et dont elle a besoin du regard bienveillant et stimulant. Parallèlement, elle cotoie Colin, un étudiant en médecine. Elle ne l’aime pas vraiment mais sais déjà qu’elle se mariera avec lui. Un quiproquo l’oblige alors à faire un choix entre deux destins possibles : une vie confortable et conventionnelle avec son jeune amant (la matière) ou une vie intellectuellement riche et instable avec son professeur (la lumière).

Les atmosphères d’amertume, de nostalgie, de mélancolie, se succèdent au fil des histoires. Une écriture impeccable, une narration tranquille, des histoires en apparence toutes simples, mais recelant des drames intimes.

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