Division Avenue de Goldie Goldbloom

GODLBLOOMDivision Avenue, c’est une rue new-yorkaise où vit une importante communauté juive hassidique. Parmi elle, Surie, son mari Yidel et toute leur nombreuse descendance. Surie a 57 ans, cela a son importance dans l’histoire.
Lorsque le roman débute, elle marie l’une de ses filles. Ce mariage lui donne la nausée car livrer son enfant à un type sans importance est à ses yeux le summum du déclassement social.
Le regard des autres, le qu’en dira-t-on : voici ce que Surie craint le plus. Déjà honteuse d’avoir accouché par trois fois dans sa quarantaine – un âge canonique dans cette communauté – la fracassante nouvelle, qui tombe le jour du mariage, l’accable : Surie est enceinte de jumeaux.

Cette fois, c’en est fini du prestige familial, plus aucune famille ne voudra s’apparier à la sienne en mariant ses derniers enfants. Sa fille aînée, très religieuse, la méprisera. Ses petites-filles adorées seront dégoûtées. Son voisinage sera choqué d’apprendre que Surie est une femme lubrique qui aime encore son mari.
Seule avec son secret, sa vie est alors dominée par la solitude, l’anxiété et le déshonneur, tandis que les semaines passent…

La romancière australienne Goldie Goldbloom dresse le portrait d’une femme tiraillée entre son devoir et ses aspirations, livrée au  jugement d’une communauté religieuse qui craint le changement par-dessus tout.

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Le corps et l’âme de John Harvey

41WRIRfauML._SX344_BO1,204,203,200_Catherine rend visite à son père, Frank Elder, qui s’est retiré dans sa campagne des Cornouailles. Leurs relations sont toujours difficiles. Catherine est encore marquée par son kidnapping, dont son père l’a libérée lorsqu’il était encore policier. Elle avait alors 16 ans. Son départ de Londres semble aussi être ressenti comme un abandon. Ces retrouvailles sont tendues. Catherine interdit à son père de l’interroger sur les coupures qu’il peut voir sur ces poignets. Elle fait un cauchemar cette nuit, et disparait au petit matin.

Anthony Winter est un artiste en vogue. Une exposition de ces œuvres va bientôt le consacrer. D’abord réticente, Catherine accepte ce travail de modèle pour lui. Elle en a besoin. Elle se plie à ses demandes, son caractère acerbe. Mais elle se prend aussi à son charme. Catherine, modèle d’Anthony, devient son amante. Jusqu’à leur brusque séparation. C’’est un choc pour elle, elle veut mettre fin à ces jours.

Anthony Winter est retrouvé assassiné dans son atelier. La police mène l’enquête, interroge toutes les personnes avec qui il était en relation. Elle interroge Catherine, qui arrive en tête sur la liste des suspects. Frank vient immédiatement à son secours.

Les romans de John Harvey s’ancrent dans la réalité sociale de l’Angleterre d’aujourd’hui. Ils sont portés par  ces policiers qui reviennent au fil des  histoires, Frank Elder notamment. Qui a à cœur de soutenir et de protéger sa fille.

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Le train des enfants, de Viola Ardone

 

On est à Naples après guerre, dans une famille  pauvre où la mère Antonieta élève seule son unique fils de 7 ans, AmerTrain des enfantsigo, un gamin déluré qui fait le chiffonnier pour aider sa mère à boucler le mois.

Lorsque le PCI (Parti communiste italien) par souci de solidarité décide d’inciter les familles les plus pauvres du sud à envoyer certains de leurs enfants dans le nord pour y être accueillis dans des familles  aisées, Amerigo fera partie du lot en dépit des réticences de sa mère…

Malgré la pauvreté, l’atmosphère est légère et rieuse, les gamins sont insouciants et drôles. Toute la 1ère partie du roman retrace l’enfance à Naples jusqu’au voyage en train.

Lorsqu’ils arrivent à Modène, les petits sont d’abord accueillis dans un grand hangar, où les familles hébergeantes doivent venir les récupérer. C’est le défilé. Amerigo voit tous ces copains et copines du quartier partir les uns après les autres, mais lui, personne ne le choisit. Finalement, c’est Derna qui acceptera de le prendre avec elle.

Derna, c’est une enseignante, une femme seule, éminente membre du parti qui connait bien peu de choses sur la manière de s’occuper des enfants, d’où sa réticence à accueillir Amerigo… Mais bon ! Puisque personne n’en veut, elle le prend avec elle. Chez Derna,  Amerigo a un bon lit, il mange de bons petits plats, et progressivement, ces deux là vont s’apprivoiser. De câlins maladroits en petites attentions, ce qu’elle lui offre est bien plus que le gite et le couvert. Petit à petit, Amerigo pense de moins en moins à Mama Antonieta,  d’autant plus qu’il partage le quotidien de Rosa, la cousine de Derna, mariée à Alcide, facteur de violons.  Une famille unie avec 3 enfants : Rivo, Luzio, et Nario, (Quand on prononce les prénoms d’affilée, cela donne revoluzionario)  avec lesquels il ne tarde pas à se sentir comme frères et sœurs.

A Modène, pour Amerigo, c’est un peu la Dolce Vita. On va à la plage, on mange des glaces, on reçoit des cadeaux le jour de son anniversaire… On ne manque jamais de rien et les adultes sont affectueux avec les enfants. Car, même si Antonieta est une mère aimante, il faut dire qu’elle n’est pas cajoleuse et n’est pas la dernière pour distribuer des taloches… De plus, Alcide initie Amerigo à la fabrication d’instruments et lui donne ses 1ers cours de violon. Lui qui a toujours rêvé du conservatoire est aux anges.

Mais la fin du séjour nordiste approche, les petits napolitains doivent se préparer à rentrer dans leurs familles…

Basé sur des faits historiques et sur des témoignages, Le train des enfants est un roman empreint de beaucoup de justesse et de sensibilité qui aborde des sujets graves sur un ton très léger.

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Ce matin-là de Gaëlle Josse

JOSSEClara vend des crédits à la consommation. C’est un bon petit soldat « corporate », subissant en silence un « soft harcèlement » du moment qu’il va de pair avec des éloges réguliers. Mais un jour, à l’occasion d’un recadrage hiérarchique, tout craque en elle : son corps, sa raison, sa joie, son envie de vivre. S’ensuit un long arrêt maladie lors duquel elle commence à perdre pied.
Avec une écriture sublime de délicatesse, Gaëlle Josse propose un livre intelligent sur le burn-out et la mécanique de la dépression- isolement social, dissimulation et minimisation de son état, perte de l’élan vital, manque d’énergie, incompréhension des proches – et sur la mécanique, non moins complexe, de la renaissance.

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Patagonie route 203, d’Eduardo Fernando Varela

Patagonie route 203Dans ce road trip surréaliste, on suit Parker, -chauffeur routier solitaire, saxophoniste à ses heures perdues-  qui sillonne les routes secondaires de Patagonie au volant de son vieux camion qui est aussi sa « maison ». Il transporte des cargaisons de contrebande pour une entreprise fantôme et tâche avant tout à passer inaperçu, ce qui lui convient très bien, car l’ami Parker n’est pas franchement du genre à frayer avec son prochain.

Souvent dans un état second, oscillant entre veille et sommeil, abruti par des heures de route non-stop, il se dirige à l’instinct avec ses cartes, son sextant, et parfois quelque information glanée au fil de rencontres improbables dans les bourgades qu’il traverse et qui portent des noms tout aussi insolites que le sont leurs habitants. Aguia Sucia (Eau sale),  Vallemustio (Vallée fanée)  ou encore Saline du désespoir, Mule morte, La pourrie, Indien méchant

De temps en temps, il croise son copain, « un journaliste » qui conduit une vieille guimbarde sans freins. Parfois, le journaliste est à la recherche d’un sous-marin nazi qui aurait coulé au large de la Patagonie, parfois il raconte des légendes de trinitaires cannibales, des histoires de mines abandonnées qui regorgent d’or… Des sornettes qui amusent Parker, mais auxquelles lui, croit fermement. Ils partagent un repas, boivent quelques verres, puis chacun retourne à sa solitude et se donnant d’hypothétiques points de retrouvailles…

Un jour, Parker casse une pièce de son camion et se trouve immobilisé plusieurs jours dans un bled isolé de l’extrême sud, balayé par tous les vents. Livré à la merci d’un garagiste irascible qui s’amuse à le faire poireauter, il se rend dans une fête foraine pour passer le temps et trouver un peu de distraction. C’est là qu’il  va rencontrer la belle Mayten, (la femme de Bruno, le patron du Train Fantôme) dont il va tomber follement amoureux. Mais les itinérants repartent. De ce jour, Parker n’aura de cesse de la retrouver…

Fabuleuse histoire d’amour contée avec humour dans une langue savoureuse, située dans une Patagonie irréelle et onirique. Un joyau du « réalisme magique » dans la lignée de Chatwin, Sepulveda ou Rivera Letellier, avec en toile de fond, une réflexion profonde sur le sens de la vie.  Patagonie route 203 est un roman merveilleux.

 

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rendez-vous des lecteurs 2021/2

voici les romans qui ont été présentés lors du rendez-vous des lecteurs de vendredi 30 avril.

3 auteurs que les participants du jury du Prix Summer connaissent bien :
Sylvain Prudhomme revient avec un recueil de nouvelles, Les orages, 13 pépites dans lesquelles vibrent toutes les qualités d’écriture qu’on avait aimé dans Par les routes.
Tiffany Tavernier avait raflé le Prix Summer en 2019 pour Roissy. Avec L’ami, elle déploie à nouveau une histoire originale, prétexte pour elle d’explorer la question de l’attachement et de l’amitié.
Autant salué par la critique que par les lecteurs l’œuvre de Jean-Baptiste Andréa s’installe tranquillement mais durablement dans le paysage littéraire en seulement 3 romans. Des diables et des saints a raflé le Grand Prix RTL-Lire cette année.

Une fois n’est pas coutume nous quittons la littérature pour explorer le journal de voyage de Nick Hunt, marcheur à la rencontre des vents d’Europe. Où vont les vents sauvages ? : un sujet original et passionnant au croisement de la géographie, de la science et de la culture.

Un bref instant de splendeur de Ocean Vuong, c’est le livre numéro 1 aux Etats-Unis l’année dernière. Ce premier roman d’un jeune poète américain d’origine vietnamienne frappe par son écriture très crue et sa volonté de dire tout, y compris le désastre, tout en restant un récit initiatique lumineux.

Autre roman lumineux sur un sujet plutôt sombre : Ce matin-là raconte la dépression d’une jeune employée de banque subissant un management déshumanisé et absurde. L’écriture sensible de Gaëlle Josse convient à merveille pour raconter ces états d’âme où on sombre sans que rien ni personne n’y puisse rien.

Le doigt est un roman intelligent sur la violence et l’insécurité : qui suscite la violence, celui qui la provoque ou celui qui y succombe ? Dalie Farah décortique les réactions de la société face à une enseignante qui refuse la peur.

Suri est mère et grand-mère de nombreux enfants. Au début du livre, elle apprend qu’elle est enceinte. Comment va réagir sa famille, son mari, et la communauté de juifs hassidiques de la Division Avenue ? Une lecture addictive, pour tous ceux qui aiment les histoires de famille. Par Goldie Goldbloom.

Bonnes lectures !

Sous le parapluie d’Adélaïde, de Romain Puértolas.

 

puertolasLe matin du 25 décembre sur la place de la ville, le spectacle de Noël bat son plein. Rose Rivières, jeune femme au foyer,  est assassinée au beau milieu de la place.  Malgré la foule présente, personne n’a vu ni entendu quoi que ce soit, sauf un témoin : Basile. Ce qu’il a vu : deux mains noires qui enserraient le cou de la jeune femme…

Mais qui était Rose Rivières ? Une épouse désenchantée, mariée à Christian, un homme qui lui avait très vite imposé ses règles, jusqu’à ce que sa vie devienne un enfer.  Une femme qui se réfugiait dans la lecture, mais pas seulement…

Qui a étranglé Rose ? Christian, le mari ? Michel, l’amant ? Basile, le soi-disant témoin ?

Un mystère à élucider grâce à la ténacité d’une avocate commise d’office. Mais pas facile quand l’action se déroule à une époque ou la technologie n’était pas encore ce qu’elle est aujourd’hui…

Une enquête bien menée avec beaucoup de rebondissements.

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