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L’homme de la montagne de Joyce Maynard

L'homme de la montagne de Joyce MaynardRachel et Patty, 13 et 11 ans, vivent en Californie, sur les hauteurs de San Francisco. Leurs parents sont séparés depuis les 8 ans de Rachel, la narratrice. Avant, elles rigolaient bien quand papa faisait le pitre et cuisinait de bon petits plats à consonance italienne. Mais lassée des incartades récurrentes de son mari volage, le célèbre flic Torricelli, la mère l’a mis à la porte.

Maintenant, les deux soeurs poussent comme des herbes sauvages, livrées à elles-mêmes, car leur mère ne s’occupe guère d’elles. Rachel a beaucoup d’imagination, elle rêve de devenir écrivain. Patty est plus sportive, très douée pour le basket. Elles passent leur journées à inventer des nouveaux jeux, et leurs soirées cachées dans les arrières-cours d’où elles regardent leurs feuilletons favoris sur les télés des voisins.

C’est le début de l’été 1979. Comme à leur habitude, les filles vagabondent dans les montagnes qui sont juste derrière leur lotissement. Elles y trouvent toutes sorte de bizarreries et de dangers qui les enchantent : des hippies qui déambulent nus, des animaux morts-nés, des vautours, des coyotes, des randonneurs aux comportements bizarres, une vielle carcasse de camion idéale pour jouer à « Drôles de dames ».
Mais cet été-là, dans ces montagnes , un tueur viole et assassine des jeunes femmes. Leur père est chargé de l’enquête. D’un été à l’autre, 15 victimes seront retrouvées, dans une identique mise en scène macabre.

Les filles feront tout pour aider en secret leur père bien aimé qu’elles sentent en difficulté. Car l’enquête n’avance pas, et le flamboyant Torricelli passe du statut de justicier à celui d’incapable aux yeux de tous.
C’est à la fois un thriller, mais aussi et surtout un roman sur l’enfance. Un roman qui fait beaucoup penser à Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee, d’ailleurs cité au fil du texte.

Joyce Maynard parvient à restituer cette période difficile et exaltante de la pré-adolescence : besoin d’être populaire aux yeux des autres, attrait pour le morbide aussi bien que pour la mièvrerie, la destitution du parent comme modèle, le corps qui se transforme, créant espoir et gêne. Tout cela est transmis au lecteur au moyen de scènes fortes qui resteront les souvenirs impérissables des petites filles devenues adultes.

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