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Tempête de JMG Le Clézio

Tempête de Jean Marie Gustave Le Clézio

Tempête de JMG Le ClézioCe sont deux nouvelles longues, deux novellas, que nous offre JMG Le Clézio.

Philip Kyo est un homme taciturne et solitaire. Il revient dans les paysages de sa jeunesse, une île japonaise, où trente ans plus tôt, la mer lui a pris une femme aimée. June est une pré-adolescente un peu en avance sur son âge. Elle se prend d’affection pour ce vieux bonhomme mutique qui lui semble être une figure de père correcte à défaut d’avoir un vrai papa à elle. La présence de la jeune fille devient précieuse à Philip, il se sent renaître à la vie à son contact.

La seconde histoire trace le destin de Rachel, jeune ghanéenne, enfant d’un viol. Un couple l’a adoptée alors qu’elle était bébé. Puis, en grandissant, elle comprend que sa famille l’a toujours traitée d’une façon différente par rapport à sa petite soeur. Lorsque les affaires tournent mal, qu’ils sont obligés de s’exiler en France, Rachel est carrément abandonnée à son sort sur les trottoirs de Paris. Elle devient une « sans papiers » de plus, ombre parmi les ombres qui peuplent les caves et les squats.

Bien des éléments rassemblent ses deux histoires : des personnages en errance, à la lisière de la vie, éperdus d’amour; des enfants qui sont les personnages principaux (des filles en l’occurrence), ce qui éclaire le texte d’un caractère neuf, innocent, universel. Et surtout l’océan, d’où la Vie est sortie et où les personnages de Le Clézio finissent par retourner.

Sans doute que les fans de l’auteur trouveront à redire sur ce dernier opus. Mais moi, c’est mon premier Le Clézio (il n’est jamais trop tard pour bien faire), je ne peux pas comparer avec l’oeuvre immense et placer celui-ci dans une graduation d’où doivent émerger des oeuvres majeures et des oeuvres mineures.
J’y ai trouvé un regard d’une humanité et d’une poésie inouies. Et j’ai la chance d’avoir toute une oeuvre à découvrir !

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D’Albuquerque à Lyon en passant par Stockholm : le Nobel 2008 invité des AIR 2011

JMG Le Clézio, l’écrivain français lauréat du prestigieux prix Nobel en 2008 sera l’invité de l’édition 2011 des Assises Internationales du Roman.
Son oeuvre est riche d’une quarantaine de titres pour adultes et enfants. Elle a été couronnée de nombreux prix. Du Renaudot, pour son tout premier roman Le procès verbal (1963) qu’on associera à cette époque au Nouveau roman ; au Grand Prix de l ‘Académie Française – déjà pour l’ensemble de son oeuvre (1980) – jusqu’au Nobel qui couronne en 2008 un « écrivain de la rupture, de l’aventure poétique et de l’extase sensuelle, l’explorateur d’une humanité au-delà et en dessous de la civilisation régnante. » (source : The Nobel Prize in Literature 2008 – nobelprize.org).
On se rendra sans état d’âme sur Wikipedia pour en consulter la liste complète.
Mais faut-il lire Le Clézio parce qu’il semble collectionner les prix ? Sûrement pas !
Une bonne introduction à sa façon d’être au monde et en littérature se trouve dans le discours prononcé à l’occasion de la réception du Nobel. JMG Le Clézio s’interroge : « Pourquoi écrit-on? », sa réponse est composite, pleine de paradoxes : témoigner et et en même temps se tenir à l’écart du monde. Enfin, il termine en dédiant son prix :

« A l’enfant inconnu que j’ai rencontré un jour, au bord du fleuve Tuira, dans sa forêt du Darién. Dans la nuit, assis sur le plancher d’une boutique, éclairé par la flamme d’une lampe à kérosène, il lit un livre et écrit, penché en avant, sans prêter attention à ce qui l’entoure. Cet enfant porte en lui l’avenir de notre race humaine. A lui la royauté, comme l’a écrit il y a très longtemps le Grec Héraclite. »
(texte intégralement disponible sur le site officiel du Prix Nobel : http://nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/2008/clezio-lecture_fr.html )

Après cette lecture lumineuse, on enchaîne avec Le chercheur d’or, Désert, La ronde et autres faits divers, La guerre, Lullaby, La ritournelle de la faim