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L’indien blanc de Craig Johnson

Craig_JohnsonEn écho au Festival Quais du polar qui invite l’auteur américain au chapeau de cowboy et aux santiags, les 04, 05 et 06 avril 2014.

Craig Johnson a fait à peu près tous les métiers qui existent : policier, cowboy, charpentier, pêcheur, chauffeur routier… et la meilleure idée qu’il ait eu est sans doute d’être devenu écrivain.

Lire Craig Johnson c’est s’imprégner de la nature, des grands espaces du Wyoming dans le comté d’Absoraka, le moins peuplé des Etats-Unis. L’auteur fait partie des « nature writers » de talent capable de vous faire entendre le bruit du vent dans les arbres ou le cri des oies sauvages alors que vous êtes assis dans votre canapé.

Craig Johnson c’est aussi l’art d’amener des enquêtes bien ficelées dans un univers qui semble pourtant si tranquille. On s’attache très vite au héros récurent, le Longmire-se-voit-offrir-une-deuxieme-saison-par-A-E_portrait_w532shérif Walt Longmire : un grand gaillard, qui n’a presque jamais quitté sa terre natale sauf pour faire la guerre au Vietnam. Il est entouré de son adjointe, la charmante Vic, sa fille Cady et passe beaucoup de temps avec son ami l’imposant Henry Standing Bear surnommé amicalement la Nation Cheyenne.

Les Indiens, il en est aussi souvent question dans les romans de Craig Johnson. Les problèmes sociaux des différentes tribus, la culpabilité de l’homme blanc, le mysticisme de certaines traditions sont toujours abordés de manière intelligente et sans aucun stéréotype.

N’hésitez donc pas à ouvrir un des livres de l’américain parmi ceux-ci, vous ne le regretterez pas et n’arriverez certainement pas à vous arrêter : Little Bird, Le camp des morts, L’indien blanc, Enfants de poussière ou Dark Horse. Les aventures du shérif Longmire ont également été adaptées en série télé récemment.

Pour cette chronique j’ai choisi un roman un peu atypique dans l’œuvre de Craig Johnson puisque cette fois-ci nous quittons le comté d’Absoraka presque désert pour la 6e ville des Etats-Unis : Philadelphie.

Henry Standing Bear est invité par l’Académie des Beaux-Arts de Pennsylvanie dans le cadre d’une exposition sur l’art indien. Le shérif Longmire en profite pour l’accompagner et passer quelques temps chez sa fille Cady qui habite Philadelphie et a fait carrière dans un prestigieux cabinet d’avocat. Toutefois rien ne va se passer comme prévu. Alors qu’elle devait rejoindre son père dans indien-blancla soirée Cady est agressée et grièvement blessée puis plongée dans le coma. Longmire attaqué dans sa propre chair va mener l’enquête alors qu’il est hors de sa juridiction. Le shérif entame alors une plongée en eaux troubles dans le monde cossu des avocats de Phillie.

Une chose est sûre : Craig Johnson s’adapte très bien à l’univers urbain. Les habitués seront peut-être décontenancés de ne pas retrouver le Wyoming sauvage mais l’auteur nous entraîne merveilleusement bien dans les rues de cette cité. Craig Johnson a pris des risques et pourtant cela fonctionne à merveille. Déplacés dans cet univers urbain les personnages, habitués aux grands espaces, font face à des situations inédites quelque peu inconfortables voire cocasses. Mais la psychologie des différents protagonistes très fouillée et le talent de l’auteur pour créer une ambiance au moins aussi importante que l’intrigue font de l’Indien blanc un très très bon roman.

Allez donc rencontrer Craig Johnson aux Quais du Polar. Si vous voyez un chapeau de cowboy dépasser de la foule c’est qu’il n’est pas loin.

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