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Un monde flamboyant de Siri Hustvedt

Un monde flamboyant de Siri Hustvedt

Harriet Burden a été une artiste plasticienne ignorée par le monde de l’art de son vivant. Elle fait l’objet d’un travail universitaire et ce roman est l’enquête préparatoire à cette étude. Se succèdent des entretiens avec des personnes qui l’ont connue (ses enfants, amis, critiques d’art) et des fragments de son journal intime. Une polyphonie bien maîtrisée pour dessiner le portrait de cette femme hors du commun.

Harriet a longtemps été mariée avec un célèbre galeriste de Manhattan, qui faisait la pluie et le beau temps au sein du petit cercle des grands noms de l’art contemporain. Elle a été la gentille hôtesse de tous ces messieurs, celle qui tient le plateau des petits fours en souriant. Une mise à l’écart consentie par Harriet elle-même. Car il faut bien aimer, faire des enfants, s’en occuper, etc.

Mais à la mort brutale de son mari, le besoin de renouer avec sa vocation première se fait ressentir. Harriet commence à créer des petits objets puis des installations plus grandes. Son activité génère des rencontres avec des artistes invisibles aux yeux du monde, mais d’une richesse intérieure incroyable. Plus son travail avance, plus Harriet a besoin d’exposer. Mais elle sait qu’en tant que femme, et aussi « femme de », son travail n’a aucune chance d’être pris au sérieux. Elle fait donc appel à trois hétéronymes, chargés d’exposer 3 de ses oeuvres majeures « Boîte d’empathie », « Chambres de suffocation » et « Le monde flamboyant ».

Créer un personnage imaginaire aussi fort et complexe (son histoire, sa trajectoire, ses désirs et regrets, sa psychologie profonde) et lui créer tout une oeuvre plastique, voilà un défi relevé haut la main par la romancière. Tout est cohérent, tout a du sens. Harriet est tellement vivante sous la plume de sa créatrice qu’on pourrait croire qu’elle a réellement existé. Nous aimerions avoir la chance de voir son oeuvre.

Voici un immense roman qui rappelle l’absence des femmes parmi les artistes vivants exposés aujourd’hui. La plupart d’entre nous connaissons au moins une dizaine de noms d’artistes contemporains internationaux. Mais qui peut citer les noms de seulement 3 plasticiennes – vivantes – reconnues dans le monde entier ?

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Tout ce que j’aimais de Siri Hustvedt

Tout ce que j’aimais est une histoire  Siri Hvertigineuse, ambiguë et perturbante.
Siri Hustvedt nous invite dans ce roman à faire un voyage à travers l’étrangeté de l’existence et les contrées inquiétantes de l’âme humaine.
A New York, dans les années 1970, deux couples d’artistes partagent les mêmes rêves de liberté de l’époque et se retrouvent, vingt ans plus tard, rattrapés par les turbulences de la vie, au bout de leur beau rêve.
Ils vivent sur les mêmes rythmes dans les milieux artistiques, fondent leur famille, s’installent dans des appartements voisins et croient pouvoir vivre une amitié éternelle. Rien ne les a préparés aux coups dont le destin va les frapper, ils vont vivre et traverser des tragédies qui vont radicalement changer le cours de leur vie : des histoires parallèles remplies de failles, d’angoisses, de douleur, de séparations et de déchirures (perte d’un enfant à la toxicomanie d’un autre).
Ce n’est pas un hasard si Siri Hustvedt dédie son livre à Paul Auster. On y retrouve les mêmes thèmes, les mêmes intentions ainsi que et le triomphe de l’humanité qui illumine la fin de ce roman bouleversant.

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Retrouvez Siri Hustvedt à Lyon le 19 mai 2014,  à l’occasion des Assises Internationales du Roman, conçues et organisées par Le Monde et la Villa Gillet, en collaboration avec les Subsistances et France Inter.

Elle rencontrera ses lecteurs à la bibliothèque municipale de Brindas et à la librairie Passages à Lyon, le 20 mai.

Un été sans les hommes de Siri Hustvedt


Mia quitte New-York lorsque son mari Boris lui annonce désirer faire une pause après trente ans de vie commune. Pause qui revêt les traits d’une jeune et charmante française collègue de travail de ce-dernier.
Mia part pour le Minésota prés de sa mère qui est en maison de retraite. L’opportunité pour celle-ci de reprendre pied après après un épisode d’intense souffrance et un séjour en hôpital. Cet « été sans les hommes » est l’occasion pour notre héroïne de côtoyer les femmes et leurs destins à tous les âges de la vie. En effet, elle donne des cours de poésie à un groupe d’adolescentes, fréquente et soutient sa voisine, jeune mère de famille en crise avec un mari trop absent, et les copines de sa mère à la maison de retraite.
Siri Hustvedt nous offre un récit sur la guérison avec humour, poésie et lucidité non sans ironie. C’est aussi une réflexion sur une réalité dominée par la culture patriarcale et les différents chemins empruntés par les femmes pour s’accomplir, se consoler et aimer malgré tout. le récit est agrémenté de poésies, citations, et même de petits dessins.
La part autobiographique nous effleure à la lecture de ce roman, l’auteure étant l’épouse de Paul Auster. A la question « que cherchez-vous dans la fiction ? », elle répond : « s’imaginer ce qui n’est pas, mais qui aurait pu être. »

Siri Hustvedt est auteure de poésies, romans, essais sur l’art et la neurologie.