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Dans la forêt de Jean Hegland

Dans la forêt de Jean HeglandIl était une fois deux sœurs adolescentes, quasi jumelles.  Il y a quelques mois encore, elles vivaient  avec leurs parents, dans une maison isolée au sein d’une gigantesque forêt californienne.

Quelques temps auparavant, ce paradis boisé était devenu un vase clos étouffant pour ces enfants déscolarisées qui avaient fini par découvrir, pensaient-elles, tous les mystères que leur environnement leur proposait. Nell travaillait dur pour intégrer Harvard et rattraper tout son retard, tandis qu’Eva prenait des cours de danse dans la ville la plus proche.

Puis se produit soudain une série d’évènements et leur vie suit la courbe une orbe funeste : c’est d’abord la maladie de la mère, puis sa mort rapide. Dans le même temps l’électricité vient à manquer en ville, ainsi que l’essence. Les médicaments sont en rupture de stock et il semble qu’une épidémie décime les populations.

Avec la fin de l’essence, tout leur manque subitement : les provisions, le contact avec l’extérieur, les informations … Des échos lointains parviennent à leur connaissance : des émeutes éclatent un peu partout dans le pays, voire dans le monde entier. Mais comment savoir lorsqu’on est loin des lisières de la société des hommes ?

Le père parle du retour de l’électricité  dès la fin de l’été. Ils pourront bientôt retourner en ville avec la moitié du réservoir d’essence qu’il reste.  Mais dans le même temps, il entreprend de conserver tous les fruits et les légumes du potager, il coupe plus de bois qu’il n’en faudrait pour une seule année de chauffage …

Lorsque le roman commence, le père a disparu. L’électricité n’est finalement pas revenue et les bocaux sont consommés. Il ne reste plus guère d’allumettes. Sortir de la maison peut s’avérer dangereux, on ne sait pas qui traîne dans les environs et surveille de loin.

C’est le jour de Noël et Eva offre à sa sœur un cahier, rare objet qui n’ait été déjà utilisé et usé jusqu’à la corde. Nell écrit sa vie d’avant tandis qu’Eva passe ses journées à danser au son du métronome. Toutes deux tentent de ne pas sombrer dans le désespoir, à l’idée que tout ce qu’elles croyaient posséder pour toujours a disparu.

Dans ce premier roman, paru en 1996 et tout juste traduit en français, Jean Hegland arrive à maintenir un climat de tension terrible qui nous empêche de fermer le livre tout en nous faisant redouter d’arriver au bout.

La Nature était là bien avant nous et demeurera longtemps après la fin de l’Homme, voilà ce que dit ce livre. Il nous dit aussi, sans être donneur d’espoir pour autant, que la vie humaine sait remplir tous les interstices, aussi minuscules soient-ils.

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