Archives du mot-clé Gaudé

Ecoutez nos défaites de Laurent Gaudé

Laurent Gaudé signe une épopée contemporaine qui, bgaudeien sûr, s’appuie sur des récits plus anciens.

L’un des fils rouges est la relation, aussi dense qu’elle est éphémère, de deux personnages : Assem Graïeb (agent  des renseignements français) et Mariam (archéologue). Chacun à sa façon est un chasseur : Assem mène la traque d’un homme pour le compte des services secrets américains ; Mariam mène la traque des objets pillés dans les musées des pays en guerre. On comprend assez vite que cette chasse est in fine une quête d’eux-mêmes.

L’auteur tresse plusieurs récits de défaites : celle du général Grant pendant la Guerre de Sécession, celle d’Hailé Sélassié contre l’armée de Mussolini au cours de la seconde Guerre Mondiale, celle d’Hannibal face à l’empire romain. Chaque récit nourrit les autres, particulièrement celui d’Assem et Mariam. Dans l’histoire de ces deux-là, chacun se construit dans l’esprit de l’autre.

Laurent Gaudé a dit que ce qui l’intéressait dans l’exploration du thème de la défaite, c’était de faire surgir dans le roman le temps, l’histoire avec un grand H et avec une grande hache. Ceci pour mettre  en perspective les notions de héros, de victoire et de défaite notamment pour la vision qu’en a la postérité.

Nous  voilà donc nous lecteurs, face à un texte dense qui pour être rempli de fatigue et de questionnements nous  comble d’énergie et de possibles réponses.

> Vérifier la disponibilité de ce document à la médiathèque <-

Les oliviers du Négus de Laurent Gaudé


Je suis en train de lire Les oliviers du Négus, de Laurent Gaudé. Ou plutôt : je suis en immersion totale dans ce recueil de nouvelles. Lire cet auteur, c’est rentrer dans un univers à part, décrit dans une langue superbe : précise et envoutante.

J’en suis à trois nouvelles, il ne m’en reste qu’une, que je garde précieusement quelques jours encore (d’autant que l’on m’a dit que c’était la meilleure !)

Le Négus, c’est le surnom de Zio, revenu transformé de la guerre d’Ethiopie, avec un chasse-mouche d’Abyssinie, une haine farouche du Duce, et une certaine forme de folie qui le pousse à parler aux arbres plus qu’aux êtres humains…

La folie des hommes face à leurs conquêtes, face à la nature et surtout face à la mort, est au cœur de toutes les nouvelles de ce recueil. Devant ces éléments qui les dépassent, chacun se conduit à la fois avec grandeur et humilité.

A la veille de la chute de Rome, ou dans les tranchées de 14-18, ce qui se joue est à la limite du surnaturel. Une certaine vision de l’enfer portée par les hordes barbares ou par un étrange Golem conçu par la terre elle-même pour se venger des hommes qui la meurtrissent…

Le sujet peut vous sembler bien sombre pour une lecture d’été ? Mais la beauté des textes comme la force des personnages font de ces récits courts de véritables bijoux qu’il faut de toute urgence découvrir !

Et pour en savoir plus…
La belle critique de Nina la libraire dans son blog littéraire
http://www.readingintherain.com/2011/05/les-oliviers-du-negus-l-gaude/
Le site de l’auteur :
http://www.laurent-gaude.com/

Photo de Mistinguette 18 (Flickr)