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Underworld USA de James Ellroy

EllroyEn écho au Festival Quais du polar qui invite ce grand écrivain américain, les 04, 05 et 06 avril 2014

James Ellroy est un monstre ! Monstre littéraire s’entend. Aujourd’hui James Ellroy a à son actif plus d’une vingtaine de publications. Son univers est noir, effrayant, sale, déstabilisant : il fascine ou rebute, c’est l’apanage des écrivains dignes de ce nom.  Le premier livre de lui que j’ai eu sous l’oeil c’est le Dalhia noir, le premier volume du Quatuor de Los Angeles *.  Celui qui raconte le meurtre d’Elisabeth Short, une starlette. Je garde encore aujourd’hui le souvenir du choc des mots, des situations décrites avec un goût ambigu pour les détails morbides. Ainsi la description du corps mutilé d’Elisabeth Short …  m’a valu d’éteindre prestement la lampe de poche qui éclairait ce texte si noir, sous la tente. Une expérience fondatrice : je garde encore la sensation d’euphorie frissonnante de ces lectures nocturnes sous la tente à la lampe de poche . Depuis, je le lis tout de même en plein jour.

Une fois le Quatuor terminé, la lecture d’Underworld USA** s’est imposée naturellement. L’ambiance restait tout aussi ténébreuse mais changeait de cap : finit le roman noir. Ellroy démarrait avec American tabloid une somme politico-historique-trash qui plongeait dans l’histoire de l’Amérique des années 60. Il s’agissait selon lui de « faire la contre-histoire souterraine des Etats-Unis – détruire les mythes mensongers établis pour leur substituer ma propre mythologie. ».  Une entreprise résolument obsédante et plutôt réussie : une fois le roman fini les personnages restent un bon moment à nos côtés. Avec eux Ellroy nous a embarqués  dans l’ombre de Kennedy, jusqu’à celle de Nixon.

Quelques cinéastes se sont frottés à son univers : Curtis Hanson, en 1997 en adaptant LA confidential, et Brian de Palma en 2006 avec l’adaptation du Dalhia noir. Sans égaler la puissance du texte, les deux restent de très beaux moment de cinéma.

Son prochain roman « Extorsion » est annoncé pour fin mars chez Rivages : il faut encore patienter quelques jours pour se replonger dans le « cirque Ellroy » comme l’évoque un article de Télérama paru en 2010.

* Le Dalhia noir, Le grand nulle part, LA confidential, White jazz

**American tabloid, American death trip, Underworld USA

Pour aller plus loin :
Visionner le Carnet de route de François Busnel
Visiter le site officiel de James Ellroy

ET… allez le rencontrer début avril à LYON !