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Le Seigneur des porcheries, de Tristan Egolf

Attention, l’auteur de ces lignes considère ce livre comme son préféré-de-tous-les-temps !

John Kaltenbrunner, le héros du roman, subit durant toute sa vie les brimades de ses concitoyens et les malchances que la vie s’amuse à mettre sur son chemin. Au milieu du roman, John, plus ou moins forcé, part de sa ville blessé et humilié. Dix ans plus tard, il revient par la petite porte pour organiser ce qui sera une terrible et gargantuesque vengeance.

Pourquoi ce livre est mon préféré-de-tous-les-temps ?

Première raison : ce personnage serait devenu un génie s’il était né autre part, n’importe où sauf dans cette ville odieuse et inculte de la Corn Belt. On sent derrière chacune de ses actions qu’elles sont sincères et motivées par une âme charitable. Malheureusement, par malchance ou à cause de la malveillance de ses concitoyens (elle-même due à des raisons obscures touchant au père de John), chacune de ses actions finit en drame personnel ou en catastrophe municipale.

Deuxième raison : l’écriture, que certains pourraient trouver indigeste (certaines phrases peuvent faire une vingtaine de ligne…) est à mes yeux complétement naturelle à la lecture. Par ces phrases, l’auteur réussi diablement bien à faire passer l’absurdité des évènements.

Troisième raison : J’aime bien les ambiances « calme avant la tempête ». Dans la deuxième partie du livre, le retour de John, raconté par un de ses collègues de travail, est une lente montée vers l’apocalypse, une autoroute sur laquelle les évènements roulent de plus en plus vite et de plus en plus mal…

Quatrième raison : la scène finale. La tempête. Le point culminant d’une vie passée à pleurer, à se battre et à subir. Le point d’orgue de la vengeance de Kaltenbrunner. Après avoir souffert avec lui, on ne peut que jubiler devant le chaos de sa vengeance !

Tristan EgolfCinquième raison, l’histoire de l’auteur, Tristan Egolf (raconté dans cet article) : écrivain rejeté par une dizaine d’éditeurs américains, étudiant sans le sou jouant de la guitare dans les rues de Paris, pris sous l’aile de Marie puis de Patrick Modiano, publié chez Gallimard en 1998, puis suicidé 2 romans plus tard… Un vrai scénario de film indépendant primé à Sundance…

 

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