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Le dernier mousse, de Francisco Coloane

dernier mousse coloaneCap au sud. C’est le tout dernier voyage vers le Cap Horn de la Baquedano, svelte bateau école de la marine chilienne. Ce navire magnifique, blanc comme l’albatros, affaibli par des années de lutte contre les océans de la planète doit être désarmé à son retour et être placé définitivement en cale sèche. A son bord, trois cents hommes d’équipage, trois cents marins prêts à en découdre avec tempêtes et typhons pour accompagner ce géant fatigué dans son ultime expédition.

Le lendemain de l’appareillage, à la surprise générale, on déniche au fond de la soute de proue un étrange passager clandestin. Il s’agit d’Alejandro, un gamin de quinze ans, mort de peur, victime du mal de mer, mais néanmoins le regard franc et la tête haute, et ce qui est sûr, suffisamment malin pour avoir déjoué la vigilance de rigueur sur un navire de guerre !

Après une sévère réprimande, le moutard sera rasé, nourri, affublé d’un uniforme,  affecté au mât de trinquette et rapidement adoubé par l’équipage.

Francisco Coloane nous livre avec le Dernier Mousse, non seulement un grand roman d’apprentissage, mais aussi un véritable trésor de roman d’aventure. Dynamitage d’icebergs, navigation à l’aveugle entre les écueils, pièges de pirates, navires fantômes et épaves englouties recelant bien des mystères… on est happé, entrainé dans un tourbillon de sensations et d’images étincelantes comme les reflets du soleil sur la banquise argentée…

Porté par une écriture simple, précise, autant que poétique et lumineuse, ce récit à mi chemin entre autobiographie et  romanesque nous conte surtout une grande aventure humaine.
Extrait : « Le courant et le vent avaient poussé de nombreux icebergs sur une rive. La Baquedano se rangea sur la rive opposée. Les ordres furent lancés et l’artillerie se mit à tonner. Des icebergs volèrent en éclats comme d’étranges bateaux blancs dans une bataille navale. On utilisait des obus à percussion qui pénétraient dans la glace et explosaient comme une bombe. Soudain un gigantesque iceberg apparut dans une courbe tel un navire de cristal venant de prendre la mer. C’était une vison extraordinaire ; le soleil se décomposait en mille couleurs vives dans les entrailles de la glace et cette lumière se reflétait comme si d’innombrables petits miroirs illuminaient ce beau vaisseau. Beau mais dangereux, un choc et c’était le naufrage… »

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