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Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar d’Antoine Choplin

Antoine Choplin explore de nouveau  l’histoire du XXe siècle en s’attachant, comme toujours, à ses personnages secondaires.

L’intrigue de son detomas kusarrnier roman suit le parcours – presque une initiation – de Tomas Kusar, modeste employé des chemins de fer à Trutnov, dans la Tchécoslovaquie communiste. A l’occasion du bal des cheminots, une troupe  venue de Prague tente de donner une représentation théâtrale. C’est là que Tomas rencontre Václav Havel. Cette rencontre va (bien sûr) changer sa vie.

Presque tranquillement, Antoine Choplin évoque le processus de ce que l’on appelé la « révolution de velours » : le roman se ferme sur la victoire de Havel.
Le style est toujours aussi impeccable, sans fioriture inutile ni dialogues excessifs : Choplin utilise l’ellipse, le flash back, les phrases plutôt courtes. Sa marque de fabrique est de savoir parler des choses graves voire odieuse avec une délicatesse redoutable (à cet égard, lire dans La nuit tombée les pages sur le désastre de Tchernchoplinobyl) .

Ici, c’est la puissance de l’art théâtral  qui est à l’oeuvre doublée de la solidité d’une amitié qui va permettre à Tomas d’ouvrir sa conscience politique (voir les superbes pages 41 à 47 sur le pouvoir du théâtre).  On apprend beaucoup avec ces Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar : sur l’amitié, on l’a dit, sur l’histoire de la Tchécoslovaquie, sur l’engagement.

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Il faut également noter le remarquable travail de l’éditeur  : La Fosse aux ours  qui depuis 20 ans nous permet de découvrir des textes originaux. Certains sont sur les rayons de votre médiathèque : lisez-les !

 

Le héron de Guernica et Radeau d’Antoine Choplin

A Guernica, en avril 1937, le jeune Basilio peint des hérons cendrés dans les marais, alors que la population fuit dans la crainte de l’arrivée des nationalistes. A Paris, il découvre le Guernica de Picasso qui décrit la tragédie de la ville en feu alors que le peintre célèbre n’en a pas été le témoin direct.

En France, en 1940, en pleine débacle, Louis, au volant d’un camion, fuit devant l’arrivée prochaine des allemands. Sa cargaison est précieuse, Il transporte des tableaux du Louvre qu’il faut mettre à l ‘abri. Sur la route, il dépasse une femme. Les consignes du plan « Hirondelle » sont strictes. Il ne doit pas s’arrêter. Et pourtant…

Voici deux histoires différentes mais parallèles, écrites à quelques années d’intervalle mais dans un même esprit, une même obsession de l’auteur, Antoine Choplin. Ces deux romans interrogent sur la nécessité de l’art pour rendre compte de la condition humaine, ils font se rejoindre de façon surprenante l’art et la guerre, la beauté et l’horreur.
Par son écriture fluide et poétique, par petites touches, comme un peintre et son pinceau, l’auteur fait passer une multitude de sensations, d’émotions et d’images tout en nous interrogeant sur des thèmes majeurs : l’art, la guerre, l’amour, la mort, l’Histoire, l’humanité…

Je vous invite à lire un autre roman d’Antoine Choplin, Cour Nord, roman social contemporain aux thèmes différents (travail, musique, relation père/fils). Ce texte court mais dense, est édité au Rouergue dans la collection la Brune, collection que je plébiscite pour son originalité et sa qualité éditoriales, dans laquelle vous trouvez aussi le très beau récit d’Ahmed Kalouaz Avec tes mains.

Légendes : Guernica de Picasso et Le Radeau de la Méduse de Géricault