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Avec la mort en tenue de bataille, de José Alvarez

 

Espagne, 1935. Leopoldo,  Inès et leurs cinq enfants forment une famille petite bourgeoise sobre et unie.  Si Inès est une femme aimante, Leopoldo, qui est capitaine au long cours, reste un mari secret.   Lorsqu’ éclate la guerre civile, le navire de indexLeopoldo est à l’ancre à Buenos Aires. Inès l’attend…. Bientôt, il ne donnera plus de nouvelles et elle finira par se rendre à l’évidence : son époux a déserté son pays et sa famille. Il ne reviendra pas.

Autour d’elle gravitent Don Alfonso,  prêtre et ami de la famille, Conception, la sœur inséparable d’Inès, Pedro, leur frère, engagé  avec les   partisans républicains et Francisco, son ami, qui vivent cachés chez elle.

Inès sans son mari est seule dans la tourmente et se retrouve brusquement et bien malgré elle promue chef de famille. Désemparée,  sans réelle conscience politique, elle peine à réaliser ce qui est en train d’arriver à son pays.  Lorsqu’elle commet l’erreur de se confier au prêtre Don Alfonso qu’elle estimait être son ami, le lendemain, son frère est emmené par les miliciens et battu à mort. A leur tour, les 2 sœurs seront arrêtées et emprisonnées dans les arènes, aménagées par les franquistes en camp de concentration, et Inès perdra la trace de ses enfants.  Massacres, humiliations, tortures : « L’Espagne était entrée dans une ère nouvelle dont elle percevait l’épouvante. »

A l’intérieur du camp, Inès va rapidement s’affirmer et entrer en résistance. Elle va soigner et sauver des hommes, accoucher des femmes… On découvre alors sous cette apparence de jeune mère timide et effacée, un être volontaire et combattif. « C’était comme si une force mystérieuse lui commandait d’agir. Contre son passé, contre son éducation, contre la religion, même… »

Au delà de ce beau portrait de pasionaria, l’intérêt fondamental de ce roman est qu’au fur et à mesure de l’évolution de son personnage, l’auteur nous  immerge au coeur de ce chaos général que fût la guerre civile espagnole.  Par là-même et loin de tout manichéisme, il  dévoile avec  subtilité les mécanismes diaboliques qui ont mené l’Espagne à ces affrontements fratricides. Les références historiques sont précises et très documentées. Du coup, on apprend beaucoup. Notamment que la cruauté et  et la trahison ne sont pas toujours l’apanage de l’ennemi…

 

 

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