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Jours de chance de Philippe Adam

Pauvres riches …
Fragments de récits d’une dizaine de personnages. Leur point commun ? avoir gagné une somme colossale au Loto. L’incrédulité et la joie, le lecteur les imagineront. Ici, on retrouve ces nouveaux riches comme au lendemain d’une grande ivresse. Ils prennent la mesure de leur infortune. Car ces millions s’avèrent être une malédiction.
Ainsi ce couple qui, après avoir claqué un maximum d’argent ne sais plus trop quoi posséder et finit par s’ennuyer. Car on s’ennuie pareillement dans un deux-pièces en banlieue que dans une villa monégasque avec piscine.
Et ceux-là qui offrent des voyages à leur famille et qui ne reçoivent que des cartes postales où on se plaint de la nourriture locale ou du room-service soi-disant 5 étoiles.
Sans compter les artisans qui les roulent, les collègues qui les jalousent, et l’amour qui les fuit. La solitude et la dépression ne sont pas loin.
C’est ironique, c’est féroce. Pour un peu on ressentirait de la compassion pour ces millionnaires. Mais c’est aussi subtil car Philippe Adam ne s’arrête pas à la conclusion-tarte-à-la-crème qui veut que l’argent ne fasse pas le bonheur. Il soulève plusieurs pistes de réflexions intéressantes : pouvons-nous devenir meilleur grâce à l’argent ? si l’environnement change, doit-on et peut-on changer aussi ? avons-nous vraiment envie de sortir de notre quotidien ? Le désir n’est-il pas plus moteur que la possession ?

Direction Fiction : retour sur le rendez-vous de mars

Ce jeudi 31 mars 2011, se tenait le troisième rendez-vous des lecteurs à la médiathèque. C’a été l’occasion de s’attacher à l’oeuvre d’Olivier Adam.
Les échanges ont été fructueux, contradictoires mais courtois, pour tout dire : passionnés. On en attendait pas moins des personnes présentes : des lecteurs décinois et chasselands avaient répondu à l’appel ; le lycée Charlie Chaplin, quant à lui était représenté par la documentaliste.
Les textes d’Olivier Adam ont suscité des interrogations qui pour être classiques n’en sont pas moins pertinentes : les thèmes qu’il aborde, récurrents de livre en livre, sont-ils autobiographiques ?  Le contenu est -il en fin de compte pessimiste ?
Une fois refermés, le réalisme social dans les romans d’Olivier Adam laisse des traces : une atmosphère particulière empreinte d’humanité.  Une humanité sans fard avec ses qualités et ses défauts.

Ce qui ressort de cette soirée, c’est le mot d’ordre prononcé plusieurs fois au cours des échanges : « IL FAUT LIRE OLIVIER ADAM ! »
C’est chose facile : la médiathèque de Décines en propose 11 titres ; à dévorer d’ici le 24 mai 15h.

Nous vous donnons rendez-vous le jeudi 28 avril à 19h pour échanger cette fois sur l’oeuvre de Philippe Djian.

Le bout de ses peines

J’ai toujours aimé l’expression « arriver au bout de ses peines ». Ces quelques mots simples donnent l’impression d’un achèvement définitif. Il faut se méfier des impressions ! C’est un peu ce que l’on se dit une fois un roman d’Olivier Adam terminé : on est arrivé au bout de ses peines. Puis comme on est incorrigible, on s’interroge : lui-même, est-il arrivé au bout ? Le malaise de ses personnages qu’il trimballe de livre en livre permet-il d’arriver au bout de ses peines ? Ces peines-là, ce sont les siennes ou celles qu’il invente pour les Sarah, Clara, ou autre Antoine? Il y a en effet un fil douloureux dans son oeuvre, une oeuvre qu’il faut parcourir et apprécier, depuis Je vais bien ne t’en fais pas jusqu’au Coeur régulier en passant par Falaises (sans se fier non plus aux titres…) . Il énerve avec ses peines, il agace ! Vous savez, comme une plaie qui commence à cicatriser, ça démange, on gratte et… ça saigne, à nouveau. Pourtant, quand on commence un roman d’Olivier Adam, on va jusqu’au bout de toutes les peines qu’il décrit. Et probablement qu’on lira le prochain, dès qu’il paraîtra pour aller au bout, encore une fois. Alors, à bientôt Olivier ! On en parle entre lecteurs, le 31 mars à 19h et puis bien sûr en mai.

Des vents contraires : un roman d’Olivier Adam

Sarah a subitement disparu depuis un an et sans plus jamais faire un signe de vie. Paul, son mari, vit seul avec ses deux enfants et doit faire face : au quotidien, aux questions, à ses inquiétudes, à l’inconcevable…Il décide alors de retourner vivre à Saint-Malo, sa ville natale, espérant trouver… un peu de répit ? des forces ? la grâce ? un refuge ? Sarah ?
Je découvre cet auteur, je découvre son univers, les personnages de ce roman où il est question de paternité, de l’absence, du manque, du deuil, des liens familiaux…Où il est surtout question de combats ordinaires, de gens ordinaires. Et je les trouve tous terriblement humains, souvent « sur le fil », prêts à tomber (d’ailleurs, il y en a qui bascule), tourmentés mais aussi capables d’espérer, de résister. C’est rassurant !
Malgré une légère accumulation de malheurs, quelques passages larmoyants, un style plutôt descriptif qui ont, je l’avoue, un peu gêné ma lecture, j’ai été « touchée » car tout cela sonne juste.
Sûrement parce qu’Olivier Adam écrit au plus près des émotions ; on sent sa sensibilité et son attachement aux personnages, à leur histoire, au paysage aussi, aux couleurs, aux odeurs, aux éléments.
Avant d’avoir le plaisir de le rencontrer prochainement à la médiathèque, de l’interroger, de l’écouter, je vais continuer de le découvrir en lisant ses autres romans.

A l’abri de rien de Olivier Adam

Ca a l’air simple au début, puis l’impression d’une lecture facile cède le pas devant l’intérêt puis l’inquiétude qu’on ressent à l’égard du personnage de Marie. Marie, c’est un prénom plutôt marqué dans notre imaginaire… Pourtant Marie n’a rien d’une sainte, c’est une femme ordinaire qui vit dans le Nord de la France ; elle est au chômage, vit dans une zone pavillonnaire, est mariée, a deux enfants. Son quotidien est rude d’autant qu’elle ne peut oublier un pan écrabouillé de sa jeunesse.
Et là où elle habite passent les réfugiés de pays en guerre qui veulent passer en Angleterre… Le texte est ancré dans le social ; ancrage assumé par Olivier Adam qui déclare : « je n’ai pas à avoir peur du social et de la politique dans mes livres » ( Salon du livre de Paris, 2009). Ce roman fait davantage pour nos consciences que le même sujet traité au journal de 20h . On est au plus près des tracas (des fracas aussi) de Marie ; grâce à une écriture du je parfaitement maîtrisée, c’est sa voix qu’on entend.
Comment Olivier Adam a t’il réussi ce tour de force de se glisser dans la tête de son personnage ? Ecrire est un vrai boulot : on salue le travail et on se promet d’en parler avec lui le 24 mai.

PS : Publié en 2007, A l’abri de rien, a reçu 3 prix différents et complémentaires le Prix Roman France Télévisions* ; le Prix du roman populiste** ; le Prix Jean Amila-Meckert***.
* créé en 1994 par les chaînes de l’audiovisuel public pour récompenser des livres susceptibles d’intéresser un large public

**créé en 1929 pour récompenser une œuvre romanesque qui « préfère les gens du peuple comme personnages et les milieux populaires comme décors à condition qu’il s’en dégage une authentique humanité »

*** créé en 2005 par le Conseil Général du Pas-de-Calais et l’association Colères du présent, dans le but de récompenser chaque année le meilleur livre d’expression populaire et de critique sociale.