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L’hippopotame de Stephen Fry

HIPPOAvouons-le d’emblée : aucun véritable hippopotame n’est impliqué dans cette histoire.

Oui c’est un peu triste. Après « l’éléphant dans un magasin de porcelaine », « l’hippopotame dans un salon anglais » aurait pu être une belle allégorie. Sans compter que les hippopotames en plus d’être très dangereux, sont sacrément mignons.

Mais après tout le titre n’est qu’un détail accessoire.

Le héros, Ted Williams, l’hippopotame du titre, exerce depuis de nombreuses années la profession d’ex-poète célèbre et critique de théâtre. Détesté par une bonne partie de ses collègues, il est au début du livre viré de son journal pour avoir osé cracher avec allégresse sur une pièce que tout le monde adore.

Rebondissant sur le destin, Il s’improvise alors enquêteur chez des amis. Dans un château anglais du Norfolk, un verre de whisky toujours à portée de main, le sarcasme facile et la verve entrainante, il va devoir dénouer un mystère biblique dont il ignore tout. Avec surprise, l’histoire bascule alors du côté d’Agatha Christie. Notamment avec une scène de dénouement d’intrigue que n’aurait pas renié ce cher Hercule Poirot :

« Je vous ai réunis dans le living-room dans le but de vous révéler le nom de l’assassin de Lady Stanton »

Tel un Jonathan Coe pétomane (on pense à « Testament à l’anglaise » sorti exactement la même année), Stephen Fry s’amuse avec ce personnage irrespectueux et pourtant très « british » sauce aristocrate de salon. Parfois (très) crue, l’histoire est remplie d’humour, de situations cocasses et de propos irrévérencieux.

18th Annual BAFTA Los Angeles Britannia Awards - ArrivalsStephen Fry est un monument de la culture anglaise : acteur, comique, écrivain, chroniqueur, présentateur TV, athée… Il est notamment connu pour son fameux duo comique des années 1990 : A bit of Fry and Laurie.

 

 

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Wendy & Lucy par Jon Raymond

9782226215130gL’une des nouvelles les plus bouleversante de ce recueil est celle qui lui donne son nom. Wendy est parti en voiture avec sa chienne Lucy. Son idée de départ est de trouver un job en Alaska pour renflouer ses finances. Avec ses derniers dollars en poche elle remonte le pays en essayant de dépenser le minimum d’argent, en calculant toutes ses dépenses, en essayant de ne jamais sacrifier la nourriture pour Lucy.

Au bord de l’extrême pauvreté le moindre pépin devient une montagne.

Les réactions qu’elles suscitent sont intéressantes tant elles sont contrastées. De la gentillesse rassurante des compréhensifs, à la haine vicieuse de ceux trop à cheval sur leurs principes.

En 2008, la réalisatrice Kelly Reichardt en a tiré un film très émouvant.

Jon Raymond propose dans ce recueil plusieurs histoires dont le point commun est de présenter un point de vue humain sur ses personnages. Humain, parce que ce qui leur arrive ne relève pas de l’héroïsme, mais fais plutôt ressortir leur courage face à des situations banales et pourtant dramatiques.

Certains redoublent d’efforts, souvent dérisoires, refusant de céder face aux évènements.

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PS : cette jeune fille sur la couverture vous rappelle quelqu’un ? Si vous avez regardé la série Dawson à la fin des années 1990 vous vous souvenez peut-être de la blondinette qui faisait fondre le cœur du-dit Dawson Leery. Michelle Williams a depuis fait beaucoup de chemin…

La Stratégie Ender par Orson Scott Card

La Stratégie Ender

Ender est un génie. Le genre de génie que des militaires envoient dans une école d’élite. Le genre de génie sur lequel on compte pour sauver l’humanité.

Le genre de génie qui n’a que 6 ans

La situation des humains est instable. 40 ans après une invasion extra-terrestre qui a failli détruire la Terre, toutes les armées se préparent à essuyer une nouvelle attaque qui semble imminente… et les instructeurs comptent sur Ender pour les défendre à temps.

Ce dernier est un jeune garçon complexe. Pris entre l’envie de réussir et celle d’être aimé de ses camarades, Ender est constamment manipulé par les adultes. Ces derniers, conscients de sa supériorité intellectuelle et de l’approche de la guerre, font tout pour accélérer sa formation.

Quitte à l’épuiser, quitte à ce que tous les autres élèves le détestent à cause de sa réussite, quitte à changer le règlement pour lui présenter des épreuves de plus en plus difficile.

 

Sorti en 1985, « La Stratégie Ender » s’est très vite imposé comme un classique de la science fiction et sa sortie prochaine au cinéma n’est aujourd’hui qu’un prétexte. Car parler de ce livre est pour moi un grand plaisir. D’abord lu de manière légèrement compulsive durant l’adolescence, je l’ai relu d’une traite 15 ans plus tard et mon plaisir est resté intact. L’histoire est toujours aussi passionnante et haletante, les personnages toujours aussi attachants et complexes (Bean, Petra, Valentine, Peter, Graff, Mazer Rackham…).

Comme souvent, la transcription de cette histoire au cinéma en décevra plus d’un. A la vue de cette bande annonce, on peut effectivement prendre peur qu’un livre où la plupart des combats ne sont pas racontés, se transforme en un film remplis de vaisseaux et d’explosions dans l’espace !! Cela ne serait néanmoins pas le première fois qu’une bande annonce ne soit pas représentative d’un film…

« Ne juge pas un livre selon sa couverture »

 

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ps : il existe plusieurs livres qui font suite à La Stratégie Ender dont : La Voix des Morts, Xenocide et Les Enfants de l’Esprit … Si leur intrigue est nettement moins palpitante, ils ont tout de même l’intérêt de montrer comment un jeune garçon peut grandir après avoir vécu de telles aventures…

Le Seigneur des porcheries, de Tristan Egolf

Attention, l’auteur de ces lignes considère ce livre comme son préféré-de-tous-les-temps !

John Kaltenbrunner, le héros du roman, subit durant toute sa vie les brimades de ses concitoyens et les malchances que la vie s’amuse à mettre sur son chemin. Au milieu du roman, John, plus ou moins forcé, part de sa ville blessé et humilié. Dix ans plus tard, il revient par la petite porte pour organiser ce qui sera une terrible et gargantuesque vengeance.

Pourquoi ce livre est mon préféré-de-tous-les-temps ?

Première raison : ce personnage serait devenu un génie s’il était né autre part, n’importe où sauf dans cette ville odieuse et inculte de la Corn Belt. On sent derrière chacune de ses actions qu’elles sont sincères et motivées par une âme charitable. Malheureusement, par malchance ou à cause de la malveillance de ses concitoyens (elle-même due à des raisons obscures touchant au père de John), chacune de ses actions finit en drame personnel ou en catastrophe municipale.

Deuxième raison : l’écriture, que certains pourraient trouver indigeste (certaines phrases peuvent faire une vingtaine de ligne…) est à mes yeux complétement naturelle à la lecture. Par ces phrases, l’auteur réussi diablement bien à faire passer l’absurdité des évènements.

Troisième raison : J’aime bien les ambiances « calme avant la tempête ». Dans la deuxième partie du livre, le retour de John, raconté par un de ses collègues de travail, est une lente montée vers l’apocalypse, une autoroute sur laquelle les évènements roulent de plus en plus vite et de plus en plus mal…

Quatrième raison : la scène finale. La tempête. Le point culminant d’une vie passée à pleurer, à se battre et à subir. Le point d’orgue de la vengeance de Kaltenbrunner. Après avoir souffert avec lui, on ne peut que jubiler devant le chaos de sa vengeance !

Tristan EgolfCinquième raison, l’histoire de l’auteur, Tristan Egolf (raconté dans cet article) : écrivain rejeté par une dizaine d’éditeurs américains, étudiant sans le sou jouant de la guitare dans les rues de Paris, pris sous l’aile de Marie puis de Patrick Modiano, publié chez Gallimard en 1998, puis suicidé 2 romans plus tard… Un vrai scénario de film indépendant primé à Sundance…

 

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Le Guide du voyageur galactique de Douglas Adams

Le Guide du voyageur galactique”, ou H2G2 comme l’appelle les fans, est une “trilogie en 5 volumes * de Douglas Adams.

Couverture H2G2 anglais français

Ce pur bijou d’humour anglais raconte les errements d’Arthur Dent. Ce britannique légèrement paumé commence mal sa journée : il apprend que sa maison est sur le point d’être rasée pour laisser place à une déviation.
Mais Monsieur Dent, cela fait neuf mois que les plans sont disponibles au cadastre

Quelques minutes plus tard, les humains découvrent que la Terre va être détruite pour laisser place à une autoroute spatiale.
Il est inutile de jouer la surprise : tous les plans du projet […] sont placardés à votre délégation locale du Plan, sur Alpha du Centaure depuis cinquante de vos années”.

Arthur se retrouve en pyjama et peignoir à faire du stop dans toute la galaxie avec son ami Ford Prefect : oui, comme la voiture.

Quelque peu abattu par la destruction de sa planète natale et armé de sa serviette de bain **, Arthur fait de multiples découvertes :
– l’univers est vaste et absurde,
– tout le monde se contrefiche de la Terre,
– le sens de la vie est 42,
– les humains n’étaient que la troisième espèce la plus intelligente sur Terre…

Enfin, le guide du voyageur galactique, une espèce de guide du routard de l’espace, lui apprend que la Terre est “globalement inoffensive”.

Embrassez le point de vue de Douglas Adams : être seul dans l’univers n’est, après tout, pas si grave que ça. « Regardez toujours du bon côté des choses », semble nous dire l’auteur autrefois compère des Monty Python.

Notes :
* : une pentalogie, cinq tomes donc, même si un auteur récent a publié un sixième volume, fort réussi, 8 ans après la mort de Douglas Adams…
Le Guide du voyageur galactique (1979)
Le Dernier restaurant avant la fin du monde (1980)
La Vie, l’univers et le reste (1982)
Salut et encore merci pour le poisson (1984)
Globalement inoffensive (1992) 
Encore une chose (2009) par Eoin Colfer

** : cette fameuse serviette fait partie d’un culte/folie/tradition qui réunit certains lecteurs à certaines dates anniversaire ou lors du fameux jour de la serviette (!!!).

photo de Zaphod Beeblebrox