Tous les articles par Juliette

Tout ce que j’aimais de Siri Hustvedt

Tout ce que j’aimais est une histoire  Siri Hvertigineuse, ambiguë et perturbante.
Siri Hustvedt nous invite dans ce roman à faire un voyage à travers l’étrangeté de l’existence et les contrées inquiétantes de l’âme humaine.
A New York, dans les années 1970, deux couples d’artistes partagent les mêmes rêves de liberté de l’époque et se retrouvent, vingt ans plus tard, rattrapés par les turbulences de la vie, au bout de leur beau rêve.
Ils vivent sur les mêmes rythmes dans les milieux artistiques, fondent leur famille, s’installent dans des appartements voisins et croient pouvoir vivre une amitié éternelle. Rien ne les a préparés aux coups dont le destin va les frapper, ils vont vivre et traverser des tragédies qui vont radicalement changer le cours de leur vie : des histoires parallèles remplies de failles, d’angoisses, de douleur, de séparations et de déchirures (perte d’un enfant à la toxicomanie d’un autre).
Ce n’est pas un hasard si Siri Hustvedt dédie son livre à Paul Auster. On y retrouve les mêmes thèmes, les mêmes intentions ainsi que et le triomphe de l’humanité qui illumine la fin de ce roman bouleversant.

> Vérifier la disponibilité de ce document à la médiathèque <

Retrouvez Siri Hustvedt à Lyon le 19 mai 2014,  à l’occasion des Assises Internationales du Roman, conçues et organisées par Le Monde et la Villa Gillet, en collaboration avec les Subsistances et France Inter.

Elle rencontrera ses lecteurs à la bibliothèque municipale de Brindas et à la librairie Passages à Lyon, le 20 mai.

CHALENDON

Le quatrième mur de Sorj Chalandon

CHALENDON Le Quatrième mur de Sorj Chalandon est un roman… bouleversant.

Le narrateur a pour meilleur ami un juif grec amoureux de théâtre, Sam. En phase  terminale, celui-ci lui demande, comme dernière volonté, de monter la pièce «Antigone» de Jean Anouilh à Beyrouth en 1982 au moment où la guerre civile fait rage. Le projet de Sam est un mélange de folie et de beauté pure : permettre le temps d’une représentation de réunir sur scène des Chrétiens, des Chiites, des Palestiniens ou encore des Druzes…

Cette fiction est d’une immense force et parvient à mêler la tragédie grecque revisitée par Jean Anouilh à la guerre civile au Liban, la politique à l’intime, la grande histoire à la petite histoire. C’est fascinant !

Sorj Chalandon, ancien reporter de guerre pour «Libération» nous fait partager des choses extrêmement dures et douloureuses, nous fait vivre le massacre des camps palestiniens de Sabra et Chatila, nous fait hurler de désespoir face à l’absurdité et l’horreur de la guerre.

Ce livre a obtenu le prix Goncourt des lycéens en 2013.

Difficile d’en parler plus, il faut le lire

Regardez et écoutez Sorj Chalandon parler de son livre

-> Vérifier la disponibilité de ce document à la médiathèque <-

le 24 mai 2014, retrouvez Sorj Chalandon à Lyon, à l’occasion des Assises Internationales du Roman, conçues et organisées par Le Monde et la Villa Gillet, en collaboration avec les Subsistances et France Inter
Brigitte Giraud

Avoir un corps de Brigitte Giraud

Le corps parle

Brigitte Giraud est touchante, précise lorsqu’elle parle du corps, de son corps. Ce corps qui nous identifie, nous donne une place dans le monde. Il nous ravit, nous effraie parfois, nous bouscule et finit parfois par nous nous trahir.

Le corps de Brigitte Giraud est le prisme à travers lequel elle déroule sa vie par petites touches : on suit cette enfant qui devient femme, et on partage ses interrogations, ses peurs même. On comprend les métamorphoses qui s’accomplissent en elle lorsqu’elle est malade, lorsqu’elle est amoureuse, lorsqu’elle est enceinte. Cette histoire est aussi la nôtre.

Son écriture charnelle, sensible et souvent drôle fait de ce texte un roman magnifique sur l’acceptation de soi.

 Vérifier la disponibilité de ce document à la médiathèque

Une seconde vie de Dermot Bolger

Une seconde vie : un électrochoc !

Sean Blake réchappe de justesse à un accident de voiture à la suite duquel il est déclaré cliniquement mort quelques secondes. A son réveil, il perçoit le monde différemment, son quotidien est bouleversé, son passé l’obsède (il a été abandonné tout-petit) : il a changé !

dermot

 

Il n’a plus le goût de vivre, d’aimer sa femme, de s’occuper de ses enfants, de se concentrer sur son travail de photographe qu’il aimait tant.

Il décide alors de partir à la recherche de sa mère biologique et de sa propre identité. Il va alors se heurter aux secrets de l’Irlande des années 50-60, une Irlande dure, superstitieuse, pétrie de préjugés, où le poids d’une Eglise intransigeante brise la vie de jeunes filles devenues « filles-mères ».

Une seconde vie est un récit croisé, une plongée dans l’inconscient et la mémoire de deux êtres, Sean et sa mère Lizzy. Deux êtres blessés, qui n’auraient jamais dû être séparés. Une multitude de fils invisibles, de signes, tout au long de leur vie parallèle, les lient, les rattachent à leur insu.

Dermot Bolger réussit brillamment à nous faire vivre la quête de Sean, à partager son désir de vérité, ses doutes, ses angoisses, ses espoirs, à ressentir la détresse et le chagrin incommensurable de Lizzy. Nous sommes révoltés par cette Irlande puritaine des années 50-60, son Eglise, son hypocrisie, qui a brisé la vie de tant de jeunes mères célibataires.

Un électrochoc ! On ne ressort pas indemne de cette histoire.

Vérifier la disponibilité de ce document à la médiathèque

Des vents contraires : un roman d’Olivier Adam

Sarah a subitement disparu depuis un an et sans plus jamais faire un signe de vie. Paul, son mari, vit seul avec ses deux enfants et doit faire face : au quotidien, aux questions, à ses inquiétudes, à l’inconcevable…Il décide alors de retourner vivre à Saint-Malo, sa ville natale, espérant trouver… un peu de répit ? des forces ? la grâce ? un refuge ? Sarah ?
Je découvre cet auteur, je découvre son univers, les personnages de ce roman où il est question de paternité, de l’absence, du manque, du deuil, des liens familiaux…Où il est surtout question de combats ordinaires, de gens ordinaires. Et je les trouve tous terriblement humains, souvent « sur le fil », prêts à tomber (d’ailleurs, il y en a qui bascule), tourmentés mais aussi capables d’espérer, de résister. C’est rassurant !
Malgré une légère accumulation de malheurs, quelques passages larmoyants, un style plutôt descriptif qui ont, je l’avoue, un peu gêné ma lecture, j’ai été « touchée » car tout cela sonne juste.
Sûrement parce qu’Olivier Adam écrit au plus près des émotions ; on sent sa sensibilité et son attachement aux personnages, à leur histoire, au paysage aussi, aux couleurs, aux odeurs, aux éléments.
Avant d’avoir le plaisir de le rencontrer prochainement à la médiathèque, de l’interroger, de l’écouter, je vais continuer de le découvrir en lisant ses autres romans.