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L’homme qui s’envola d’Antoine Bello

Walter, 40 ans, P.D.G à haut potentiel, a tout pour plaire ! La société de sa femme (5 000 employés) excelle sur le marché de la livraison express du Nouveau-Mexique (sud-ouest des Etats-Unis). Il aime sa femme, la belle Sarah et ses 3 magnifiques enfants. Il mène une vie parfaite, une vie rêvée pour beaucoup.L'homme qui s'envola

Mais les moments d’évasion lors de ses fréquents déplacements à bord de son jet ne lui suffisent plus. En un mot, Walter n’aime pas sa vie. Il se sent dépossédé de son existence.

Aussi il met en scène sa fausse mort lors du crash de son avion contre un massif rocheux, pour mener enfin sa quête du temps. Malheureusement rien ne se passe comme prévu. Surtout quand l’assurance de l’avion fait appel à Nick Shepherd, redoutable détective ultra-spécialisé dans la recherche des personnes disparues. Avec l’aide précieuse de Sarah, Nick dévoile la vraie personnalité de Walter.

Commence alors un road-movie époustouflant. Est-ce que Walter arrivera à poursuivre sa quête ?

Dès le début du livre, le lecteur est emporté dans le tourbillon de cette aventure menée par une main de maître. L’écrivain Antoine Bello, franco-américain et entrepreneur, nous décrit à merveille la société américaine, les vastes étendues. Il nous interpelle sur l’amour de nos proches et nous questionne sur la pression de la société pour les hommes à haut potentiel comme Walter.

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Bacha posh de Charlotte Erlih

 C_Bacha-Posh_1965Farrukh, barreur de l’équipe d’aviron rêve de participer aux J.O. et ainsi de représenter son pays l’Afghanistan. Au fil de la première partie du roman, on perçoit Farrukh différent des autres garçons. « Jamais il ne participe au rituel de la douche collective où les huit adolescents gloussent et se chamaillent. Plus petit que les autres, il a une ossature plus fine, des yeux noirs cernés de cils plus longs, une bouche plus délicate, une peau plus fine. Contrairement à ses amis, aucun duvet n’ombrage le pourtour de sa bouche ».

Avec huit adolescents, Farrukh s’entraîne avec de modestes moyens. L’équipe arrive à être pré-sélectionnée grâce à Maude, jeune fille française, qui en tant que femme, est difficilement acceptée par l’équipe masculine. Seul Farrukh guide Maude à respecter les contraintes traditionnelles imposées aux femmes. Jusqu’au jour où Farrukh est très tourmenté, il ne pourra plus continuer à s’entraîner.

Il va redevenir une fille. Farrukh est Farrukha, une bacha posh (en persan, habillée comme un garçon). Etre bacha posh est une pratique culturelle qui permet à des familles qui n’ont pas eu de fils d’élever leur fille comme un garçon jusqu’à la puberté. En Afghanistan et au Pakistan, la pression sociale est telle qu’elle pousse les familles à avoir un fils pour perpétuer le nom de famille et hériter des biens du père. En tant qu’occidentaux, cette condition de vie même temporaire peut nous faire réfléchir.

Belle histoire palpitante avec du suspens. Les sentiments, l’affection paternelle, et les émois, la complicité avec Sohrab, sont décrits avec une grande sensibilité. Bacha posh était au départ un projet de scénario, pour Charlotte Erlih, scénariste et réalisatrice.

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