Direction fiction, 2017/1

Le 25 mars dernier s’est tenu un rendez-vous des lecteurs lors duquel je vous ai présenté une sélection de nouveautés.

Petit résumé pour les absents :

Dans la forêt de la canadienne Jean Hegland est un roman éblouissant qui met en lumière la vulnérabilité de notre mode de vie et la fin d’un cycle de l’humanité, rien de mois. Un vrai choc.

Si vous ne connaissez pas Ernest J. Gaines, L’homme qui fouettait les enfants est une bonne entrée en matière dans son œuvre. Né dans les années 30 dans une plantation, il s’installe en Californie avec sa mère à l’adolescence et découvre la littérature mondiale qu’il dévore. N’y trouvant aucun écho avec sa propre vie de noir-américain, il décide d’écrire lui-même. Aujourd’hui, son œuvre est conséquente et ses livres sont étudiés à l’école.

La presse s’enthousiasme pour le dernier titre de Philippe Besson, et nous aussi. Arrête avec tes mensonges revient sur l’adolescence de l’auteur et son premier amour. Vérité ? Mensonge ? peu importe, ce roman sensible et cru est d’une infinie délicatesse.

Antoine Choplin a coutume de s’emparer d’un fait historique de notre histoire contemporaine et de le raconter par des témoins. Dans Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar, il aborde la Révolution de velours dans l’ancienne Tchécoslovaquie qui voit l’arrivée de Vaclav Havel au pouvoir. Un livre-hommage à l’engagement, et au pouvoir de la culture.

Cécile Coulon sait planter un décor, comme un écrin à la tragi-comédie humaine qui se met en place.  Trois saisons d’orage est une ample saga familiale portée par une écriture précise qui dépoussière le genre.

Quelle joie de lire à nouveau Sylvain Tesson et de le retrouver plus vif que jamais après son terrible accident. S’il nous a habitué aux récits des lointains, c’est en France que Sur les chemins noirs le ramène. Un cheminement à travers les paysages, du Mercantour au Cotentin, et un cheminement intérieur qu’il partage de façon salutaire avec le lecteur.

Prochaines dates du rendez-vous des lecteurs : samedi 29 avril à 14h pour un spécial Assises Internationales du Roman / Samedi 10 juin à 14h. Sur inscription, thé et café offerts

Le dimanche des mères de Graham Swift

Jane Fairchild est employée de maison chez les Niven, en Angleterre. La journée du 30 mars 1924 est le « dimanche des mères » : un jour dans l’année où les domestiques ont congé pour rendre visite à leur mère.

Jane est orphelG-Swiftine… Elle envisage de passer la journée dans la demeure de ses patrons occupée à lire. Elle est en effet passionnée de lecture et son patron l’autorise régulièrement à emprunter les livres de sa bibliothèque personnelle. Ce dimanche-là, elle aurait dû le passer avec Joseph Conrad qu’elle vient de découvrir. C’était sans compter sur la ruse de son amant pour organiser un dernier rendez-vous. Paul Sheringham, fils de bonne famille, doit épouser prochainement une riche héritière. Ce dimanche avec Jane est un moment d’adieu à leur relation vieille de 7 ans. Le rendez-vous est fixé dans la riche demeure des Sheringham. La maison est désertée par les parents qui, ce jour d’absence de domestique pour les servir, vont au restaurant. C’est apparemment un beau dimanche, le temps est quasi estival, nos deux jeunes gens sont magnifiques… Mais nous sommes en 1924, l’ombre de la première guerre mondiale plane : les Niven ont perdu leurs trois fils, les Sheringham, deux, il ne leur reste que Paul.

Ce beau roman, qui tient en une journée, dresse un très beau portrait de femme ainsi que l’ambiance d’une époque grâce à l’écriture subtile et sensuelle de Graham Swift. A découvrir sans délai.

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Le bonheur c’était ça d’Eduardo Sacheri

XVMc0f910c8-e3eb-11e6-a9f2-d7d0570b818bDans ce train, Sofia, 14 ans, montre déjà un peu d’humeur. Elle ne veut pas qu’on lui parle. Parce qu’elle n’a pas envie de parler. Elle se rend, seule, à Moron, une banlieue de Buenos Aires. Parce que sa mère semble t-il vient de mourir. Elle part donc seule, à Monron, pour retrouver un  homme qui se trouve être son père. Le problème c’est que celui-ci, Lucas, ne la connait pas. Tout comme Sofia ne connaît pas cet homme. Mais que va-t-il donc bien se passer ?

Le contact se fait semble t’il instantanément. De la surprise surgit aux premiers mots, de la crainte apparait pour tout  ce qui va suivre… Mais une relation qui se construit tout de suite, par une sorte de reconnaissance. Au grand désarroi de Fabiana, la femme de Lucas, qui n’apprécie pas ce bouleversement, cette présence inopportune. Et qui le fait voir. Fabiana veut que son mari devienne enfin un écrivain reconnu, celui qui a laissé déjà beaucoup d’espoir dans son premier livre à succès. Fabiana a ses règle, son mode de vie, et il conviendrait que son mari les suivent, en laissant un peu de côté notamment ses étranges amis.

51JyHUFy6zL._SX195_Ce livre est l’histoire d’une petite révolution. Lucas qui devient père et qui bouleverse sa vie. Lucas qui découvre sa véritable personnalité grâce à cette fille qui chamboule ses repères. Sofia qui prend petit à petit de la force grâce à ce père qui se construit. Un livre magnifique, émouvant, où l’on souhaite tout le bonheur possible à ces 2 êtres qui se découvrent à eux même et à l’autre. Le bonheur, c’est ça…

 

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Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar d’Antoine Choplin

Antoine Choplin explore de nouveau  l’histoire du XXe siècle en s’attachant, comme toujours, à ses personnages secondaires.

L’intrigue de son detomas kusarrnier roman suit le parcours – presque une initiation – de Tomas Kusar, modeste employé des chemins de fer à Trutnov, dans la Tchécoslovaquie communiste. A l’occasion du bal des cheminots, une troupe  venue de Prague tente de donner une représentation théâtrale. C’est là que Tomas rencontre Václav Havel. Cette rencontre va (bien sûr) changer sa vie.

Presque tranquillement, Antoine Choplin évoque le processus de ce que l’on appelé la « révolution de velours » : le roman se ferme sur la victoire de Havel.
Le style est toujours aussi impeccable, sans fioriture inutile ni dialogues excessifs : Choplin utilise l’ellipse, le flash back, les phrases plutôt courtes. Sa marque de fabrique est de savoir parler des choses graves voire odieuse avec une délicatesse redoutable (à cet égard, lire dans La nuit tombée les pages sur le désastre de Tchernchoplinobyl) .

Ici, c’est la puissance de l’art théâtral  qui est à l’oeuvre doublée de la solidité d’une amitié qui va permettre à Tomas d’ouvrir sa conscience politique (voir les superbes pages 41 à 47 sur le pouvoir du théâtre).  On apprend beaucoup avec ces Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar : sur l’amitié, on l’a dit, sur l’histoire de la Tchécoslovaquie, sur l’engagement.

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Il faut également noter le remarquable travail de l’éditeur  : La Fosse aux ours  qui depuis 20 ans nous permet de découvrir des textes originaux. Certains sont sur les rayons de votre médiathèque : lisez-les !

 

Article 353 du code pénal de Tanguy Viel

La rentrée littéraire de cet hiver 2017 nous offre le plaisir de lire un nouveau roman de Tanguy Viel.

Il dresse iciviel le portrait de Martial Kermeur, un ouvrier breton qui a subi de plein fouet la désindustrialisation du Finistère. Il commet l’erreur de croire au mirage du promoteur Antoine Lazenec. Ce dernier, beau parleur, envisage de développer un complexe immobilier qui doit doper l’économie locale : l’aménagement d’une station balnéaire à Brest. Ce Saint-Tropez breton ne verra jamais le jour, Kermeur aura perdu dans cette sinistre affaire toutes ses économies. Lazenec quant à lui, perdra la vie.

Martial Kermeur est arrêté et, convoqué par un juge, doit expliquer ce qui l’a conduit à jeter par-dessus bord Lazenec article353au cours d’une balade en mer. Une partie de sa vie va donc être déroulée.
Le récit à la première personne nous embarque dans la tête du  personnage. Pourtant, cela nous oblige à porter un regard distancié sur la situation qu’il décrit. La bassesse de l’escroquerie nous saute au visage. L’écriture se donne des airs d’oralité et l’on écoute Martial Kermeur : on est presque à la place de ce juge à qui il raconte son histoire.

Lire  Article 353 du code pénal nous implique au-delà d’une simple lecture.  Une fois le livre refermé, Martial Kermeur occupe encore notre esprit.

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Dysfonctionnelle d’Axl Cendres

Voici le quotidien haut en couleurs d’une famille « dysfonctionnelle »! Entre Sid Ahmed, le père, Natouchka, la maman et  leurs sept enfants, on ne s’ennuie pas. Sans oublier les habitués du bar « Au bout du monde » qui gravitent autour de ce petit monde.
C’est Fidèle, alias Fifi, la dernière des 4 filles, qui nous donne sa vision, assez lucide, sur sa vie et sa famille. Sans plainte ou pathos, le lecteur ne peut que se délecter du quotidien peu ordinaire, fantaisiste que Fidèle nous narre avec ses mots et son franc-parler.
Un petit bijou d’humour et d’humanité !

Thèmes : histoire de vie /  famille / amour

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Palmarès des romans préférés des lecteurs de la Médiathèque

Il est temps d’élire vos coups de coeur de l’année 2016 !

Pour mémoire, les coups de coeur des lecteurs de la médiathèque étaient :
en 2015, Tatiana de Rosnay / Manderley for ever
en 2014, Joyce Maynard / L’homme de la montagne
en 2013, Bergsveinn Birgisson / La lettre à Helga

Parmi tous les romans présentés dans le cadre du rendez-vous Direction Fiction à la médiathèque, votez pour votre roman préféré. Notez votre réponse dans les commentaires ci-dessous, ou bien envoyez un mail à sghio@mairie-decines.fr

ALVAREZ, José /    Avec la mort en tenue de bataille

AUDEGUY, Stéphane / Histoire du lion Personne

BARBARSH, Tom / Les lumières de central park

BONNEFOY, Miguel / Jungle

BORIS, Hugo / Police

BOURDEAUT, Olivier / En attendant Bojangles

CABESOS, Violette / Portrait de groupe avec parapluie

CONSTANT, Paule / Des chauves souris des singes et des hommes

DAVRICHEWY, Kathévane / L’autre Joseph

ERNAUX, Annie / Mémoire de fille

FAYE, Gaël / Petit pays

FOREST, Philippe / Crue

FORBES, Michele    / Phalène fantôme

GUENASSIA, Jean-Michel / La valse des arbres et du ciel

HENDERSON, Smith / Yaak Valley

HUGHES, Kathryn    / Il était une lettre

KERNINON, Julia    / Le dernier amour d’Attila Kiss

KHIDER, Abbas / Lettre à la république des aubergines

LAROUI, Fouad / Ce vain combat que tu livres au monde

LEMAITRE, Pierre / Trois jours et une vie

MAGINI, Claudio    / Comme si j’étais seul

MINARD, Céline    / Le grand jeu

OVALDE, Véronique / Soyez imprudents les enfants

PHILLIPS, Jayne Anne / Tous les vivants

POSTEL, Alexandre / Les deux pigeons

POULAIN, Catherine / Le grand marin

RUSHDIE , Salman / Deux ans, huis mois et vingt huit nuits

SEETHALER, Robert / Une vie entière

SULZER, Alain Claude / Post-scriptum

TARDIEU, Laurence / A la fin le silence

TRUEBA, David / Blitz