Sucre Noir de Miguel Bonnefoy

Sucre-noir-BonnefoySucre noir, le dernier roman de Miguel Bonnefoy nous met dans une situation délicate. L’atmosphère de ce beau roman est encore si présente que l’envie nous vient de tout dévoiler des détails de l’intrigue et des états d’âme des personnages. Tout dire pour prolonger la magie de la lecture… Mais restons discret.

Il est question d’un trésor, que plusieurs personnages cherchent ; pourtant un seul le trouvera, par hasard. Il est question d’amour entre Severo Bracamonte (l’un des chercheurs de trésor) et Serena Otero (l’héritière d’une plantation de cannes à sucre). Il est question d’histoires familiales, de développement économique et de catastrophes…

Tout cela se déroule en Amérique du sud, dans un pays inventé pour l’occasion où se retrouvent imaginaire, poésie et magie des récits traditionnels. Bref, ce livre est un régal et figure pour nous parmi les belles  surprises de cette rentrée littéraire 2017.

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Les règles d’usage de Joyce Maynard

JOYCE MAYNARDLaissons-nous prendre par la main par Wendy, 13 ans, qui vit à New York avec sa mère, son beau-père, Josh, et son petit frère, Louie. Un environnement affectueux et stable rythme sa vie de collégienne.

Les attentats du 11 septembre 2001 emportent sa mère en même temps qu’une partie de son enfance et de son innocence. D’abord l’attente de son retour en vain, puis l’acceptation de la réalité atroce de la mort.

Rapidement après le drame, son père biologique, Garret, dont elle n’est pas très proche, l’emmène vivre en Californie. En quelques semaines, la vie de l’adolescente bascule. Elle doit surmonter la perte de sa mère, l’éloignement d’avec sa famille, particulièrement de son petit frère, et s’adapter à un changement radical d’environnement et de vie quotidienne.

Joyce Maynard excelle à décrire les sentiments, émotions et pensées de Wendy avec authenticité, réalisme et bienveillance. Le récit nous fait partager cette vérité à la fois terrible et essentielle : «à ce drame, cette perte, je ne survivrai pas…et pourtant, la vie reprend le dessus encore plus forte qu’autrefois ».

les règles d'usage Joyce MaynardQue va décider Wendy pour elle-même après son expérience californienne ? Période durant laquelle elle a fêté ses 14 ans, fait l’école buissonnière, connut son premier flirt et bien d’autres choses encore qui apprennent la vie et font grandir, cahin-caha.

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les lendemains avaient un goût de miel de Marlène Schiappa

Entre réalité et fictschiappaion, Marlène Schiappa nous raconte avec beaucoup de tendresse, la vie de son aïeule disparue : Rose.

Après 10 ans de recherches généalogiques dans les archives, elle livre un roman à la fois drôle et émouvant, où l’on va de surprise en surprise.

Qu’y a-t-il dans ce mystérieux carton que Rose lui a légué ?

D’où vient ce joli collier de perles aperçu sur une photo ?

Comment Rose est- elle devenue riche, et surtout qu’est- il advenu de la lettre que la narratrice lui avait écrite à l’âge de 11 ans ?

A vous de le découvrir … !

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Mets le feu et tire-toi de James Mc Bride

James Mc BrideAvec la quatrième couverture on était déjà averti : « plus de deux cents millions d’exemplaires vendus, 320 albums enregistrés dont 16 ont été des hits 45 disques d’or».

James Brown, nom mythique, une légende, le pape de la soul, on croule sous les qualificatifs…!

Mais connait-on réellement le personnage ? Peut-on vraiment le décrire ?

En se lançant sur sa trace, James Mc Bride nous l’affirme d’emblée : Il ne recherche pas la vérité absolue, mais simplement démêler le vrai du faux essayant de brosser un portrait à hauteur d’homme. Une tâche d’autant plus ardue que la légende a été entretenue par James Brown lui-même. L’homme a en effet passé sa vie à se cacher,  obsédé qu’il était à ne pas révéler ses sentiments.

Le défi est considérable : On ne compte plus les documentaires consacrés au personnage et dans le marigot des escrocs, nombreux sont les candidats disposés à vendre la belle histoire, le scoop inédit.

L’écrivain lucide et honnête n’omet pas de nous confier qu’il agit avant tout par intérêt : il a besoin d’argent et répond à une commande de son éditeur. James Mc Bride est noir et musicien : l’ingrédient est parfait pour réaliser un best-seller.

L’auteur décide donc de se rendre sur la terre de naissance de Mister Dynamite en Caroline du Sud afin de retrouver les proches et musiciens qui l’ont côtoyé. Au fil des entretiens émerge le portrait Kaléidoscopique d’un personnage complexe et pétri de paradoxes.

Ce récit m’a passionné  parce qu’il recèle une mine d’informations tant musicales qu’historiques qu’il est bien sûr impossible de résumer.

L’auteur remet au premier plan des musiciens peu connus, voir complètement tombés dans l’oubli, mais largement responsables du succès de l’icône de la soul.

Ainsi Fred Wesley et Pee Wee Ellis véritables chevilles ouvrières de la matrice du son de Brown, les prodigieux guitaristes Nafloyd Scott rescapé du groupe qui a pré-existé à James Brown : Les  Famous Flames sans qui James Brown n’aurait pu décoller, et Jimmy Nolen créateur du chicken scratch reproduit des milliers de fois, aujourd’hui encore.

Ces portraits sont autant d’occasion pour l’auteur de se livrer, en jouant de sa double casquette d’écrivain et de musicien, à de passionnantes analyses musicales sur la soul, le jazz et surtout le funk. Surtout il n’hésite pas à les mettre en perspective avec notre époque quitte à choquer nombre de spécialistes. Brown disposait d’un véritable Staff et savait diablement s’entourer !

En revalorisant ces grandes figures musicales, Mc Bride en profite pour nous livrer une photographie d’une industrie musicale mafieuse, cupide peu soucieuse du bien-être de ses artistes noirs talentueux mais inconnus alors.

L’autre grand mérite de ce livre est aussi de replacer cette biographie dans le contexte historique et géographique du peuple afro-américain du sud des Etats-Unis.

A Barnwell, en Caroline du Sud, le spectre de la ségrégation n’est jamais bien loin et dans la famille du parrain de la soul, on a la mémoire tenace. Les ancêtres persécutés par l’homme blanc sont toujours présents.

En revisitant cette mémoire familiale, James Mc Bride nous donne ainsi les moyens de dépasser les nombreuses caricatures attachées au personnage et de comprendre les comportements très souvent paranoïaques voire égo maniaques de la star.

Toutefois l’auteur ne tombe pas dans la complaisance et met tout sur la table : James Brown pouvait se révéler truqueur, calculateur, voire manipulateur. Les témoignages de ses musiciens lors des nombreuses et délirantes répétitions permettent d’entrevoir l’extrême cruauté du personnage. Les silences d’un Pee Wee Ellis encore traumatisé à la simple évocation de ces douloureuses périodes sont à cet égard assez révélateurs.

Son rapport à l’argent explique aussi qu’il ait pu paradoxalement confier la gestion de sa fortune à un homme blanc. Et dans la tourmente de ses ennuis judiciaires, c’est encore à un autre blanc avocat qu’il fera appel.

James Mc Bride  parvient à restituer en arrière-fond toute la complexité d’une fracture raciale encore bien vivace au sud des Etats-Unis. En témoigne l’absence  de reconnaissance officielle de l’artiste dans sa ville natale.

Au final l’auteur a gagné son pari : Il est parvenu à humaniser l’icône.

Mets le feu et tire-toi

 


 

 

 

 

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Mets le feu et tire-toi de James McBride

Non, « Mets le feu et tire-toi » n’est pas un slogan insurrectionnel ! C’est la marque de fabrique du Pape de la SOUL et du FUNK : on donne tout sur scène et on rentre direct à la maison ; il ne fallait pas compter sur JAMES BROWN (3/05/33-25/12/03) pour faire du « public relation » après le concert !

Quelle bonne idée d’avoir confié  à James McBride une bio sur JAMES BROWN. Lui-même jazzman afro-américain, il nous déroule le fil d’une vie (et quelle vie !) d’un génie de la musique avec une connaissance aiguisée de la musique et de l’histoire des afro-américains. Il a refait tout le voyage, de la ville de naissance du musicien dans le sud rural et ségrégationniste, à New-York en passant par de nombreuses visites rendues aux personnes qui l’ont connu auprès desquelles il a recueilli d’émouvants témoignages.

Tout a été dit sur cet homme contrasté : despotique avec ses musiciens, violent avec les femmes, fidèle et généreux avec ses amis intimes, engagé et impliqué pour sa communauté, soucieux de l’importance de l’éducation des plus jeunes.

Mais tout est vrai ! Au fil des rencontres que James McBride nous relate, un portrait d’homme avec toutes ses contradictions et blessures d’enfance, dont il a tiré le meilleur dans sa vie d’artiste, nous est brossé. En fil conducteur du récit, on découvre l’incroyable imbroglio lié à sa succession. L’artiste souhaitait que sa fortune serve à l’éducation des enfants pauvres de sa ville d’origine. Des années plus tard, tout a été dilapidé à la suite de nombreux procès et de querelles familiales.

Que reste-il de JAMES BROWN ? Une œuvre foisonnante et d’une qualité inégalée. Un son inimitable et une inventivité enthousiasmante. On l’écoute encore et toujours !

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Les filles au lion de Jessie Burton

les filles au lion - Jessie BurtonLondres, 1967.
Odelle,  jeune Jamaïcaine, s’ennuie ferme dans le magasin de chaussures où elle travaille depuis cinq ans. Le jour où elle est embauchée comme secrétaire dans une prestigieuse galerie d’art, elle pense enfin avoir trouvé un job à sa portée, elle qui ne rêve que d’art et d’écriture. Elle y fait la connaissance de l’étrange et lunatique Marjorie Quick, qui l’a recrutée, et de l’intimidant  directeur de la galerie.

Sa rencontre (fortuite ?) avec le séduisant Lawrie Scott va donner un tour nouveau à son existence monotone, car très vite le jeune homme lui montre un tableau hérité de sa mère, et dont il ne sait rien. La toile représente deux jeunes femmes et un lion dans une composition macabre, dont la force, le style et les couleurs intriguent immédiatement la jeune femme.

Soumis aux directeurs de la galerie, le tableau ne leur semble pas étranger…

En parallèle, l’auteur déroule une autre histoire : une trentaine d’années plus tôt en Andalousie, alors que l’Espagne s’apprête à vivre un des épisodes les plus douloureux de son histoire, on entre dans la maison d’un riche marchand d’art anglais, où il vit avec sa femme dépressive et leur fille Olive, qui se rêve en artiste peintre. Isaac et Teresa, deux jeunes gens du village, se rapprochent de la famille peu à peu, risquant de modifier un équilibre déjà fragile…

Les deux intrigues, on s’en doute, finiront par se croiser. Quel est le secret des Filles au lion ?

Après l’immense succès rencontré par Jessie Burton avec « Miniaturiste », voici un roman qui explore des thèmes forts : la place des femmes dans la création artistique, le colonialisme (britannique) et le racisme ordinaire, la quête d’identité dans un pays dont on est étranger….

Ce sont aussi des portraits de femmes fortes, qui doivent faire face à des choix difficiles pour exister.  Et qui nous rappellent les combats de celles qui nous ont précédées.

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L’homme qui s’envola d’Antoine Bello

Walter, 40 ans, P.D.G à haut potentiel, a tout pour plaire ! La société de sa femme (5 000 employés) excelle sur le marché de la livraison express du Nouveau-Mexique (sud-ouest des Etats-Unis). Il aime sa femme, la belle Sarah et ses 3 magnifiques enfants. Il mène une vie parfaite, une vie rêvée pour beaucoup.L'homme qui s'envola

Mais les moments d’évasion lors de ses fréquents déplacements à bord de son jet ne lui suffisent plus. En un mot, Walter n’aime pas sa vie. Il se sent dépossédé de son existence.

Aussi il met en scène sa fausse mort lors du crash de son avion contre un massif rocheux, pour mener enfin sa quête du temps. Malheureusement rien ne se passe comme prévu. Surtout quand l’assurance de l’avion fait appel à Nick Shepherd, redoutable détective ultra-spécialisé dans la recherche des personnes disparues. Avec l’aide précieuse de Sarah, Nick dévoile la vraie personnalité de Walter.

Commence alors un road-movie époustouflant. Est-ce que Walter arrivera à poursuivre sa quête ?

Dès le début du livre, le lecteur est emporté dans le tourbillon de cette aventure menée par une main de maître. L’écrivain Antoine Bello, franco-américain et entrepreneur, nous décrit à merveille la société américaine, les vastes étendues. Il nous interpelle sur l’amour de nos proches et nous questionne sur la pression de la société pour les hommes à haut potentiel comme Walter.

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